Contexte : les douleurs d’épaule constituent un motif de consultation fréquent en médecine générale. Elles altèrent la qualité de vie des patients et représentent un enjeu socio-économique important. Les infiltrations de corticostéroïdes, notamment sous-acromiales, sont efficaces et recommandées dans ces affections. Face aux difficultés d’accès aux soins spécialisés, la délégation des infiltrations en soins primaires est une alternative performante. Néanmoins, celles-ci restent insuffisamment pratiquées, notamment en raison d’un manque de formation des praticiens. Cette étude a évalué l’impact de l’ajout d’un support vidéo à une formation aux infiltrations sous-acromiales (ISA) destinée aux médecins généralistes (MG).
Matériel et méthodes : cette étude prospective monocentrique, randomisée, a inclus 50 généralistes exerçant en Sarthe. Au printemps 2025, les participants ont suivi une formation aux ISA sur mannequins de simulation au Centre Hospitalier du Mans. Vingt-cinq d’entre eux ont été randomisés pour bénéficier d’une vidéo pédagogique complémentaire. Les données relatives à l’activité clinique des MG ont été collectées, à l’aide d’un questionnaire auto-administré, avant la formation présentielle et 3 mois après.
Résultats : les données de 22 participants dans le groupe « atelier + vidéo » et 21 dans le groupe « atelier seul » ont été analysées. A 3 mois, dans la population totale, le nombre d’infiltration par médecin augmentait en moyenne de 0,81 (p = 9,2 × 10⁻³), le niveau de confiance progressait de 2,44 sur 10 points (p = 3,62 × 10⁻⁵) et le nombre moyen d’adressages diminuait de 4,67 par médecin (p = 3,95 × 10⁻⁷). Vingt médecins (46,5%) ont réalisé au moins une infiltration à 3 mois contre seulement 4 (9,3%) à l’inclusion (p = 3.93 × 10-2). Les obstacles perçus à la pratique des gestes infiltratifs ont pour la majorité diminué significativement. Entre les groupes avec ou sans vidéo, aucune différence significative n’a été observée.
Conclusion : cette étude rejoint les données de la littérature soulignant l’intérêt des formations sur mannequins anatomiques pour développer la pratique des ISA en médecine générale. L’utilisation d’une vidéo accessible à distance en supplément n’a pas prouvé de différence significative à 3 mois. Des études complémentaires restent nécessaires afin d’évaluer l’impact à long terme de l’intégration d’un tel support pédagogique.
Background : shoulder pain is a common reason for consultation in primary care. Shoulder pain can negatively affect patients’ quality of life and represents a significant socioeconomic burden. Corticosteroid injections, particularly subacromial injections, are effective and recommended for these conditions. In the context of limited access to specialist care, performing injections in primary care represents a relevant alternative. However, these procedures remain underutilized, partly due to insufficient training among practitioners. This study evaluated the impact of adding a supplemental video module to a subacromial injections (SAI) training program intended for general practitioners (GPs).
Methods : this prospective, single-center, randomized study included 50 general practitioners working in the Sarthe department, France. During the spring of 2025, participants attended a simulation training workshop on SAI at Le Mans Hospital. Twenty-five participants were randomized to receive additional access to an online educational video. Data related to the participants’ clinical activity were collected before the workshop and 3 months afterward using a self-administered survey.
Results : data from 22 participants in the “workshop + video” group and 21 in the “workshop only” group were analyzed. At 3 months, in the overall population, the mean number of injections per physician increased by 0.81 (p = 9.2 × 10⁻³), the mean confidence score increased by 2.44 points on a 10-point scale (p = 3.62 × 10⁻⁵), and the mean number of specialist referrals decreased by 4.67 per physician (p = 3.95 × 10⁻⁷). Twenty physicians (46.5%) performed at least one injection at 3 months compared with four (9.3%) at baseline (p = 3.93 × 10⁻²). Most perceived barriers to performing injections significantly decreased. No significant difference was observed between groups with or without the supplemental video.
Conclusion : this study is consistent with previous findings in the literature highlighting the value of simulation-based training using anatomical models to promote SAI practice in primary care. The addition of a remotely accessible educational video did not demonstrate a significant effect at 3 months. Further studies are required to assess the long-term impact of integrating such pedagogical tool.