Les émissions humaines de gaz à effet de serre sont la principale cause du dérèglement climatique selon le 6ème rapport du GIEC. Ce dérèglement climatique perturbe profondément les écosystèmes et les sociétés humaines participant à l’augmentation de la pression sur les systèmes de soin. En parallèle, le secteur de la santé participe lui-même à hauteur de 8% aux émissions de gaz à effet de serre en France. Dans l’objectif de promouvoir les éco-soins et d’inscrire la santé dans une démarche de transition écologique, ce travail évalue l’empreinte carbone de la détermination des volumes globulaires et plasmatiques au 99mTc et 125I.
Etude rétrospective menée en 2024 dans un service français de médecine nucléaire (138 examens de masse sanguine). L’empreinte carbone a été évaluée selon la méthodologie CareBone® (AP-HP). Les données ont été converties en équivalent CO2 à l’aide de facteurs d’émission issues de bases de données fiables (Ecovamed®, Base Empreinte®). L’impact carbone global lié à la réalisation des examens de détermination des volumes globulaires et plasmatiques au sein d’un service de médecine nucléaire sur une période d’un an (soit 138 examens réalisés) est de 11.44 tCO2eq. A eux seuls, les médicaments représentent 9972 kgCO2eq soit 87% du bilan carbone total dont 98% concerne le Seralb-125®. En faisant abstraction des émissions carbone liés aux médicaments, les postes d’émissions les plus conséquents sont : la mobilisation du personnel (26.4%), les dispositifs médicaux et consommables (23.6%), la blanchisserie (21.2%) et l’utilisation des équipements (18.6%). L’utilisation systématique du Seralb-125® lors de cet examen apparaît comme un levier à prioriser afin de réduire les émissions carbones du secteur. Cet argument est appuyé par une absence de bénéfice diagnostic clairement établie. Ce travail ouvre la voie à des travaux complémentaires visant à évaluer l’impact environnemental de stratégies diagnostiques afin d’intégrer les enjeux climatiques dans les prises de décisions médicales.
Human greenhouse gas emissions are the primary cause of climate change, according to the IPCC’s Sixth Assessment Report. This climate disruption profoundly affects ecosystems and human societies, contributing to increased pressure on healthcare systems. At the same time, the healthcare sector itself accounts for 8% of greenhouse gas emissions in France. With the aim of promoting environmentally sustainable healthcare and integrating health into the ecological transition, this study assesses the carbon footprint of blood and plasma volume determination using 99mTc and 125I.
A retrospective study was conducted in 2024 in a French nuclear medicine department (138 blood volume examinations). The carbon footprint was assessed using the CareBone® methodology (AP-HP). The data were converted into CO₂ equivalents using emission factors derived from reliable databases (Ecovamed®, Base Empreinte®). The overall carbon impact associated with performing blood and plasma volume determinations in a nuclear medicine department over a one year period (i.e., 138 examinations) amounts to 11.44 tCO₂eq. Medications alone account for 9,972 kgCO₂eq, representing 87% of the total carbon footprint, of which 98% is attributable to Seralb-125. Excluding emissions related to medications, the main emission sources are staff mobilization (26.4%), medical devices and consumables (23.6%), laundry services (21.2%), and equipment use (18.6%). The systematic use of Seralb-125® in this examination appears to be a priority lever for reducing carbon emissions in the sector. This recommendation is supported by the lack of clearly established diagnostic benefit. This work paves the way for further studies aimed at assessing the environmental impact of diagnostic strategies to integrate climate considerations into medical decision-making.