Introduction : l’infection materno-fœtale (IMF) à cytomégalovirus (CMV), première cause d’infection virale congénitale et de surdité neurosensorielle non génétique chez l’enfant en France, est prévenue par d’application de mesures d’hygiène adaptées et l’instauration d’un traitement par valaciclovir en cas de primo-infection (PMI) maternelle. Alors que les avis divergeaient sur le dépistage sérologique du CMV en France, la Haute Autorité de Santé (HAS) a émis en juin 2025 au cours du recueil de données de l’étude, un avis provisoire favorable à un dépistage systématique au premier trimestre. Cette étude évaluait les pratiques des médecins généralistes (MG) de trois départements des Pays de la Loire concernant la délivrance des conseils préventifs et le dépistage sérologique du CMV en période préconceptionnelle et prénatale, ainsi que les freins associés.
Matériels et Méthodes : il s’agissait d’une étude multicentrique, descriptive et quantitative par questionnaire réalisé sur LimeSurvey© et diffusé de janvier à octobre 2025 aux maîtres de stage universitaire (MSU) et internes de médecine générale des départements du Maine-et-Loire, Sarthe et Mayenne. L’analyse des données était réalisée sur Excel© et BiostaTGV©.
Résultats : le taux de participation était de 27 %. Parmi les 136 réponses analysées, 65 % déclaraient délivrer des conseils préventifs concernant l’IMF à CMV ; 16 % rapportaient le faire de façon systématique auprès de toutes les femmes enceintes lors de la première consultation de suivi de grossesse et/ou lors d’une consultation préconceptionnelle, conformément aux recommandations. Les principaux freins étaient le manque de connaissances et la perception d’une information trop abondante ou difficilement applicable pour les patientes. Enfin, 30 % réalisaient régulièrement un dépistage sérologique chez toutes les femmes enceintes en préconceptionnel ou lors de la première consultation du suivi de grossesse.
Conclusion : les pratiques des MG en matière de prévention et de dépistage du CMV sont hétérogènes. Ces disparités et freins pourraient être atténués par le développement d’outils à destination des MG et de stratégies d’information intégrées dans un suivi global spécifique à la médecine générale, auprès des patient(e)s en âge de procréer, des femmes enceintes et de leurs partenaires.
Introduction : maternal–fetal cytomegalovirus (CMV) infection, the leading cause of congenital viral infection and non-genetic sensorineural hearing loss in children in France, may be prevented through appropriate hygiene measures and the initiation of valaciclovir therapy in cases of primary maternal infection (PMI). While recommendations regarding CMV serological screening in France previously diverged, the French National Authority for Health (HAS) issued a provisional favorable opinion in June 2025, during the study data collection period, supporting systematic first-trimester screening. This study aimed to assess the practices of general practitioners (GP) in three departments of the Pays de la Loire region regarding the delivery of preventive counselling and CMV serological screening in preconception and prenatal care, as well as the associated barriers.
Materials and Methods : we conducted a multicenter, descriptive, quantitative study using a questionnaire developed on LimeSurvey© and distributed between January and October 2025 to university-affiliated GP trainers and general practice residents in the departments of Maine-et-Loire, Sarthe, and Mayenne. Data were analyzed using Excel© and BiostaTGV©.
Results : the response rate was 27%. Among the 136 responses analyzed, 65% reported providing preventive advice regarding maternal–fetal CMV infection; 16% reported doing so systematically for all pregnant women during the first prenatal consultation and/or during a preconception consultation, in accordance with current recommendations. The main barriers identified were a lack of knowledge and the perception that the information provided was too abundant or difficult for patients to apply. Finally, 30% reported routinely performing serological screening in all women either during the preconception period or at the first prenatal consultation.
Conclusion : GP practices regarding CMV prevention and screening are heterogeneous. These disparities and barriers could be reduced through the development of dedicated tools for GP and integrated information strategies within comprehensive primary care follow-up for individuals of childbearing age, pregnant women, and their partners.