Introduction : l’Epuisement Professionnel (EP) touche près de la moitié des médecins généralistes (MG) libéraux en France, avec des conséquences sur leur santé mentale, et la sécurité des soins. Les études antérieures ont identifié de nombreux facteurs de risque et de protection contre l’EP, mais la manière dont les MG mettent concrètement en œuvre des mesures préventives reste mal connue. Le territoire sarthois, département parmi les moins dotés en MG est étudié. cette étude explore les stratégies individuelles et les attentes collectives des médecins généralistes face à l’EP.
Méthodes : une étude descriptive, transversale et quantitative a été menée auprès des MG libéraux de la Sarthe entre novembre 2025 et janvier 2026. Un questionnaire anonyme a été diffusé via le CDOM et l’URML (taux de réponse 18%). Le questionnaire explorait : caractéristiques démographiques, mesures intrinsèques mises en place en prévention ou après un épisode d’EP, sentiment d’efficacité, freins perçus et attentes concernant les mesures extrinsèques. Les analyses étaient essentiellement descriptives.
Résultats : 77 % des répondants avaient mis en place au moins une mesure préventive, et 55 % une mesure après un épisode vécu d’EP. Les actions préventives les plus fréquentes concernaient l’organisation du cabinet (travail en groupe, présence d’un secrétariat), la prise régulière de congés ou l’adaptation du volume de travail. Les mesures les plus mobilisées après un EP étaient l’adaptation du rythme de travail, l’activité extra professionnelle et le suivi psychologique. La majorité des mesures était jugée efficace, en dehors de la maitrise de stage. Les principaux freins identifiés étaient la charge de travail, la difficulté à trouver un remplaçant et la pression démographique. Seuls 38% connaissaient le numéro d’entraide du CNOM, et 7% estimaient les dispositifs actuels suffisants.
Discussion : les MG interrogés mettent largement en œuvre des mesures préventives, principalement organisationnelles, mais recourent peu aux dispositifs psychologiques ou interprofessionnels malgré leur efficacité perçue. Les freins identifiés soulignent l’importance d’actions collectives, notamment la réduction de la charge administrative et l’amélioration de la démographie médicale. La forte adhésion à l’idée d’un suivi en médecine du travail (87%) suggère un besoin de soutien de proximité renforcé.
Introduction : burnout affects nearly half of general practitioners (GPs) in private practice in France, with consequences for their mental health and for patient safety. Previous studies have identified numerous risk and protective factors, but little is known about how GPs actually implement preventive measures in their daily practice. This study focuses on the Sarthe department, one of the most underserved in France in terms of GP density, and explores both individual strategies and collective expectations regarding burnout prevention.
Methods : a descriptive, cross-sectional, quantitative study was conducted among private-practice GPs in Sarthe between November 2025 and January 2026. An anonymous questionnaire was distributed via the CDOM and the URML (response rate: 18%). It explored demographic characteristics, intrinsic measures implemented either preventively or after experiencing burnout, perceived effectiveness, perceived barriers, and expectations regarding extrinsic measures. Analyses were primarily descriptive.
Results : seventy seven percent of respondents had implemented at least one preventive measure, and 55% had taken action following a personal episode of burnout. The most frequent preventive measures concerned practice organization : group practice, the presence of a secretary, regular holidays, or adjustment of workload. After experiencing burnout, the most common measures were modifying working hours, engaging in non-professional activities, and seeking psychological support. Most measures were perceived as effective, except for being a GP trainer. The main barriers identified were workload, difficulty finding a locum, and demographic pressure. Only 38% were aware of the CNOM national support hotline, and 7% considered current support systems sufficient.
Discussion : the GPs surveyed widely implemented preventive measures, mainly organizational, but made limited use of psychological or inter-professional support systems despite their perceived effectiveness. The barriers identified highlight the need for broader structural actions, including reducing administrative burden and improving medical workforce distribution. The strong support for the idea of occupational health follow up (87%) suggests a need for reinforced, accessible, and local support mechanisms.