Décès chez 102 consommateurs de méthadone, étude des facteurs pouvant influencer les concentrations sanguines de méthadone en contexte, en contexte médicolégal

TitreDécès chez 102 consommateurs de méthadone, étude des facteurs pouvant influencer les concentrations sanguines de méthadone en contexte, en contexte médicolégal
TypeThèse d'exercice : Médecine
AuteursDrevin Guillaume, Lelievre Guillaume
Année2018
URLhttp://dune.univ-angers.fr/fichiers/14007220/2018MDEBI9815/fichier/9815F.pdf
Mots-clésconcentration sanguine, EDDP, méthadone, post-mortem, variabilité inter- individuelle
Résumé

Objectif : l’interprétation des concentrations sanguines post-mortem de méthadone constitue un exercice particulièrement délicat pour le toxicologue. En effet, en raison d’une grande variabilité interindividuelle (lié à l’existence de nombreux facteurs de variabilité), il existe un « chevauchement » entre les concentrations considérées comme thérapeutiques et celles considérées comme toxiques. Cette étude a pour objectif d’évaluer l’influence de ces facteurs de variabilité sur les concentrations sanguines post-mortem de méthadone, afin d’en faciliter l’interprétation.

Matériels et méthodes : nous avons mené une étude observationnelle, rétrospective, monocentrique, à partir des formulaires d’enquête DRAMES (Décès en Relation avec l’Abus de Médicaments Et de Substances) établis dans le service de Toxicologie et Génopathie du CHRU de Lille sur la période 2011-2017. Le seul critère d’inclusion était la mise en évidence de méthadone dans les prélèvements biologiques post-mortem. Les patients pour lesquels une origine non toxique au décès était probable ou certaine, pour lesquels le sang périphérique n’avait pas été analysé et pour lesquels la méthadone et/ou l’EDDP n’était pas quantifié ont été exclus.

Résultats : 102 patients ont été inclus. L’âge moyen des sujets était de 35.4 ans (médiane : 36 ans). La cohorte comprenait 85 hommes et 17 femmes. Les concentrations moyennes de méthadone et d’EDDP mesurée dans le sang périphérique était de 394,3 μg/L (médiane : 310,5 μg/L) et de 130,5 μg/L (médiane : 36,2 μg/L). La valeur moyenne du ratio (EDDP)/(méthadone) était de 0,31 (médiane : 0,14). Le fait de bénéficier d’un traitement,le fait de bénéficier d’une thérapie substitutive aux opiacés, s’est avéré être significativement associée à des concentrations sanguines de méthadone et d’EDDP plus élevées (test de Wilcoxon-Mann-Whitney ; p : 0.007 et 0.0005 respectivement). Les autres facteurs étudiés (âge, sexe, antériorités cardiaques, éthylisme chroniques, nombre de substances associées, etc), pris individuellement, ne sont, pas significativement associés ou corrélés aux concentrations sanguines de méthadone ou d’EDDP mesurées post-mortem.

Conclusion : cette étude, avec les limites qu’elle a présentées, semble indiquer que le degré de tolérance reste le facteur majeur à considérer lors de l’interprétation de ces concentrations et que celui-ci doit toujours être recherché. Il nous semble cependant primordial de maximiser le nombre d’éléments d’interprétation.

Résumé en anglais

Objectives : the interpretation of post-mortem blood concentrations of methadone is a particularly delicate exercise for the toxicologist. Indeed, because of a large interindividual variability (linked to the existence of many variability factors), there is an "overlap" between the concentrations considered as therapeutic and those considered as toxic. The purpose of this study is to evaluate the influence of these variability factors on postmortem blood concentrations of methadone, to facilitate interpretation.

Materials and methods : a monocentric, retrospective, observational study based on the DRAMES (Deaths in Relation to Abuse of Drugs and Substances) survey forms established in the Department of Toxicology and Genopathy of the University Hospital of Lille from 2011 to 2017 was performed. The only inclusion criterion was the detection of methadone in post-mortem biological samples. Patients for whom nontoxic origin at death was probable or certain, for whom the peripheral blood had not been analyzed and for whom methadone and / or EDDP were not quantified were excluded.

Results : 102 patients were analyzed. The mean age of the subjects was 35.4 years (median age 36 years). The cohort included 85 men and 17 women. Mean concentrations of methadone and EDDP in the peripheral blood were 394.3 μg / L (median 310.5 μg / L) and 130.5 μg / L (median: 36.2 μg / L) . The mean value of the EDDP / methadone ratio was 0.31 (median 0.14). Benefit from opioid substitution therapy was significantly associated with higher blood methadone and EDDP concentrations (Wilcoxon-Mann-Whitney test, p: 0.007 and 0.0005, respectively). The other factors studied (age, sex, prior cardiac history, chronic alcoholism, number of associated substances, etc.), taken individually, were not found to be significantly associated with or correlated with methadone or EDDP blood concentrations measured post -mortem.

Conclusion : this study, taken into accounts its limits, seems to indicate that the degree of tolerance remains the major factor to consider when interpreting these concentrations and that this must always be considered. However, it seems to us essential to maximize the number of interpretation elements.

Langue de rédactionFrançais
Nb pages114
Diplôme

Diplôme d'État de docteur en médecine

Date de soutenance2018-10-18
EditeurUniversité Angers
Place PublishedAngers
Libellé UFR

UFR médecine

Numéro national2018ANGE154M