La jeunesse : objet de savoirs et de politique dans la France des années 1960

TitreLa jeunesse : objet de savoirs et de politique dans la France des années 1960
TypeMémoire
AuteursMénard Sylvestre
DirecteursNiget David
Année2016
URLhttp://dune.univ-angers.fr/fichiers/20056311/20162MHD6446/fichier/6446F.pdf
Mots-clésenquêtes sur la jeunesse, expertise, Livre Blanc, ministère de la jeunesse et des sports, politiques de la jeunesse
Date de soutenance2016-09-15
Résumé

Dans la France des années 1960, la jeunesse devient une catégorie d'enquête en sciences sociales et une catégorie politique. À la suite des élections présidentielles de 1965 qui laissent apparaître au pouvoir gaullien que la jeunesse n'adhère pas à sa politique, l'administration jeunesse et sports devient un ministère à part entière. François Missoffe qui devient le premier ministre de cette nouvelle entité ministérielle lance dès son arrivée une vaste consultation de la jeunesse qui doit servir de base à la construction d'un Livre Blanc. En s'appuyant sur l'expertise, la recherche en sciences sociales et les spécialistes de la jeunesse, le ministre se détourne des associations et des mouvements de jeunesse et inaugure une nouvelle manière de penser l'action publique. En utilisant massivement les médias, le ministre inaugure une nouvelle manière de présenter et de promouvoir l'action gouvernementale. Objet de savoir et de pouvoir, la jeunesse est dès lors institutionnellement définie et catégorisée dans la perspective d'un traitement sociopolitique spécifique. Voulu comme le premier tome d'une série d'études à poursuivre, le Livre Blanc doit permettre la mise en oeuvre d'une politique globale. La catégorie « jeunesse », érigé en entité, sert de support à bien des instrumentalisations. Première catégorie à bénéficier d'une politique sociale, elle permet d'agglomérer l'ensemble de la population dans un tout uni ; première « classe d'âge » à disposer d'un ministère spécifique, elle permet de promouvoir les nouvelles institutions de la Ve République et la nouvelle manière de construire des politiques publiques. En appuyant notre étude sur l'ensemble des sources qui composent la campagne Livre Blanc nous analysons ce rapport d'enquête comme le point d'ancrage d'un dispositif de catégorisation de la jeunesse.

Résumé en anglais

In France of the 1960s, youth becomes an investigation group in social sciences as well as a political category. Following the 1965 presidential elections, which shows to the Gaullist power youth doesn't concur with its policy, the department of Youth Affairs & Sports emerges as a whole separate ministry. François Missoffe, who is named the first minister of this new ministerial entity, launches upon his arrival a vast consultation process with the youth, to serve as basis to the making of one White Book. Drawing on expert assessment, social sciences research and youth specialists, the minister turns away from associations as well as youth movements, and ushers in an original way of thinking public action. With massive use of the media, the minister introduces a new way of presenting and promoting government action. Source of knowledge and power, youth is from then on both institutionally defined and classified, with a view towards specific sociopolitical analysis. Intended as the first volume of a study series to be continued, the “White Book” must allow for overall policy implementation. The “youth” class, established as entity, is made a tool of in many a respects. First class to benefit from social policy, it aggregates the entire population in a whole unity ; first “age group” to obtain a particular ministry, making it possible to promote the new Fifth Republic institutions and the new way of developing public policies. Building our study on the whole sources comprising the endeavour White Book, we analyse this investigation report like the anchor for the categorisation strategy of youth.

Langue de rédactionFrançais
Nb pages131
Diplôme

Master Histoire, Civilisations, Patrimoine

EditeurUniversité Angers
Place PublishedAngers
Libellé UFR

UFR de Lettres, Langues et Sciences Humaines