Introduction : les TCAF sont un enjeu de santé publique majeur en France, représentant la première cause de handicap mental non génétique et d’inadaptation sociale de l’enfant. Si les actions et les campagnes médiatiques ont fait évoluer les représentations, leur impact sur le risque d’une consommation d’alcool ciblée sur la période péri-conceptionnelle est peu évalué. L’étude compare les connaissances des risques associés à la consommation d’alcool en période péri-conceptionnelle, sur la grossesse et le fœtus, en fonction des consommations déclarées, du lieu d’habitation, du sexe et de la gestité des répondants.
Matériels et Méthode : une enquête transversale était réalisée auprès d’hommes et de femmes adultes, en Maine-et-Loire et en Sarthe via des questionnaires diffusés dans les cabinets médicaux, et dans des lieux publics de villes de taille et de densité médicale différentes. Les résultats étaient analysés en univarié par des tests de Chi2 réalisés sur Jamovi®.
Résultats et Discussion : 236 personnes étaient interrogées. 91,6 % connaissaient l’impact de la consommation en péri-conceptionnel sur le déroulement de la grossesse. 77,1 % des répondants connaissaient l’impact sur la fertilité et 83,43 % sur la santé de l’enfant. 86.5 % conseilleraient à une femme d’arrêter sa consommation lors d’un projet de grossesse. Ces chiffres sont en augmentation depuis dix ans mais interpellent sur la compréhension des messages de prévention diffusés. Une différence statistiquement significative était observée, avec un taux de réponses correctes plus élevé chez les personnes résidant en ZIP, soulevant l’hypothèse que la consultation médicale n’est probablement pas le lieu principal de diffusion de ces informations. Les femmes étaient mieux informées que les hommes sur le risque de RCIU et de trouble du neurodéveloppement. Cette différence était significative concernant le seuil de consommation à risque, questionnant l’investissement du compagnon sur la prévention au cours de la grossesse. La consommation d’alcool était un facteur de différence significative sur le seuil de consommation à risque, appuyant l’idée d’un déni des risques liés à la consommation.
Conclusion : bien que les connaissances évoluent, il persiste des disparités, selon la densité médicale du lieu de vie, le genre, la consommation d’alcool. Nous pourrions nous interroger les messages de prévention les plus efficaces afin de toucher un public plus large.
Introduction : FASD are a major public health issue in France, representing the leading cause of non-genetic mental disability and social maladjustment in children. While awareness campaigns and public health actions have shifted perceptions, their impact on the risk of alcohol consumption specifically during the peri-conceptional period remains poorly evaluated. This study compares knowledge of the risks associated with alcohol consumption during the peri-conceptional period, on pregnancy and the fetus, according to respondent’s self-reported alcohol consumption, place of residence, sex, and gestity.
Materials and Methods : a cross-sectional survey was conducted among adult men and women in Maine-et-Loire and Sarthe using questionnaires distributed in medical practices and public places in towns of varying size and medical density. Results were analyzed using univariate Chi2 tests performed with Jamovi®.
Results and Discussion : 236 individuals were surveyed. 91.6 % were aware of the impact of peri-conceptional alcohol consumption on the course of pregnancy. 77.1 % of respondents were aware of its impact on fertility, and 83.43 % on the child's health. 86.5 % would advise a woman to stop drinking when planning a pregnancy. These figures have increased over the past ten years but raise questions about how well prevention messages are understood. A statistically significant difference was observed, with a higher rate of correct answers among people living in medically underserved areas, suggesting the hypothesis that medical consultations are probably not the main channel through which this information is disseminated. Women were better informed than men about the risk of IUGR and neurodevelopmental disorders. This difference was significant regarding the threshold for risky consumption, raising questions about partner’s involvement in prevention during pregnancy. Alcohol consumption itself was a significant factor of difference regarding the perceived risk threshold, supporting the idea of a denial of the risks associated with drinking.
Conclusion : although knowledge is improving, disparities persist according to the medical density of the place of residence, gender, and alcohol consumption. Further reflection is needed on which prevention messages would be most effective in reaching a broader audience.