Ce mémoire de recherche s'appuie sur le suivi clinique de Zélie, jeune Ivoirienne de 17 ans, Mineure Non Accompagnée prise en charge dans un service de l’Aide Sociale à l’Enfance dans le sud de la France. À travers cinq rencontres menées en binôme avec la psychologue du service, ce travail interroge les mécanismes de défense mis en place par cette adolescente dont le parcours est marqué par de multiples ruptures familiales, migratoires et corporelles. L'excision subie en Côte d'Ivoire et le viol perpétré en Libye ont laissé des traces durables (somatiques, identitaires et relationnelles) que la demande de reconstruction clitoridienne tente partiellement d’effacer. S'appuyant sur les concepts de traumatisme psychique, de Moi-Peau, de traumatisme migratoire et de clinique transculturelle, ce mémoire explore la dynamique entre réparation physique et élaboration psychique, et soulève la question de ce que le corps peut porter lorsque la parole ne suffit plus.
This research thesis is based on the clinical follow-up of Zélie, a 17-year-old Ivorian girl, an Unaccompanied Minor taken care of in the Child Welfare Services (Aide Sociale à l'Enfance) in southern France. Through five meetings conducted in pairs with the service's psychologist, this work questions the defense mechanisms implemented by this adolescent whose path is marked by multiple familial, migratory, and bodily ruptures. The excision undergone in Côte d'Ivoire and the rape perpetrated in Libya have left lasting traces (somatic, identity-related, and relational) that the request for clitoral reconstruction partially seeks to erase. Based on the concepts of psychic trauma, Skin-Ego, migratory trauma, and transcultural clinic, this thesis explores the dynamic between physical repair and psychic elaboration, and raises the question of what the body can carry when speech is no longer enough.