Introduction : le vieillissement de la population est associé à une polymédication chez les sujets âgés, exposant les patients à un risque accru d’effets indésirables médicamenteux. Cela a conduit à un intérêt croissant pour les stratégies de déprescription, mais leur mise en œuvre en soins primaires reste complexe. L’hospitalisation peut constituer une opportunité d’initier une déprescription grâce à une revue médicamenteuse pluridisciplinaire. Cependant, peu d’études ont évalué la poursuite de ces modifications thérapeutiques après la sortie d’hospitalisation. Cette étude avait pour objectif d’évaluer la déprescription initiée à l’hôpital lors de la première réévaluation d’ordonnance par le médecin généraliste (MG).
Méthodes : nous avons réalisé une étude prospective, observationnelle, monocentrique au Centre Hospitalier Universitaire d’Angers, dans les services de gériatrie et de soins de suite et de réadaptation. Entre le 8 avril et le 5 juin 2025, 98 patients âgés de plus de 75 ans, rentrant au lieu de vie habituel, ayant bénéficié d’une conciliation médicamenteuse et d’au moins une intervention de déprescription, ont été inclus. La poursuite de la déprescription a été évaluée par comparaison avec l’ordonnance de sortie. Les médecins généralistes ont été contactés afin de compléter un questionnaire structuré portant sur les motifs de réintroduction des traitements.
Résultats : la déprescription a été maintenue dans 72,5 % des cas lors de la première réévaluation d’ordonnance post-hospitalisation. En analyse multivariée, la réception du compte-rendu de conciliation médicamenteuse par le médecin généraliste était significativement associée à une diminution du risque de réintroduction thérapeutique (OR 0,30 [0,10–0,95], p = 0,041).
Conclusion : la déprescription initiée à l’hôpital est maintenue chez la majorité des patients lors de la première réévaluation d’ordonnance par le médecin généraliste. Ces résultats suggèrent l’importance d’une communication efficace entre l’hôpital et les soins primaires, en particulier la transmission de la conciliation médicamenteuse, afin de limiter la réintroduction des traitements.
Introduction : population ageing is associated with polypharmacy in older adults, exposing patients to a higher risk of adverse drug events. This has led to growing interest in deprescribing strategies, but implementation in primary care remains challenging. Hospitalization may provide an opportunity to initiate deprescribing through multidisciplinary medication review. However, few studies have evaluated its continuation after discharge. This study aimed to assess hospital-initiated deprescribing at the first prescription renewal by the general practitioner (GP).
Methods : we conducted a prospective, observational, single-center study at Angers University Hospital in geriatric and rehabilitation units. Between April 8 and June 5, 2025, 98 patients aged over 75 years, discharged to their usual place of residence, who had undergone medication reconciliation and at least one deprescribing intervention were included. Continuation of deprescribing was assessed by comparison with the discharge prescription. GPs were contacted to complete a structured questionnaire on reasons for treatment reinitiation.
Results : deprescribing was maintained in 72.5% of cases at the time of the first post-discharge prescription renewal. In multivariable analysis, receipt of the medication reconciliation report by the GP was significantly associated with a reduced risk of treatment reinitiation (OR 0.30 [0.10–0.95], p= 0.041).
Conclusion : hospital-initiated deprescribing was maintained in most patients at the first post-discharge prescription renewal. These findings suggest the importance of effective hospital–primary care communication, particularly medication reconciliation transmission, in limiting treatment reinitiation.