Introduction L’adhésion aux mesures de prévention en santé publique demeure insuffisante malgré des recommandations établies, notamment en matière de dépistage, de vaccination et de règles hygiéno-diététiques. Plusieurs freins ont été identifiés, tels que le manque d’information et une perception insuffisante du risque individuel. Dans ce contexte, la personnalisation de l’information pourrait améliorer la compréhension et l’engagement des patients dans leur parcours de soins. Les structures d’urgences, en raison du temps d’attente et de la diversité des profils de patients accueillis, représentent une opportunité pertinente pour délivrer des messages de prévention via un outil numérique éducatif, auto-administré et consultable en autonomie.
Matériel et méthodes Il s’agit d’un essai contrôlé randomisé multicentrique de supériorité, en ouvert, comparant une information personnalisée à une information non personnalisée. Les patients adultes consultant dans les structures d’urgences sont inclus de manière volontaire puis randomisés en deux groupes. Un groupe recevant une information adaptée à ses caractéristiques individuelles via un outil numérique et un groupe recevant une information standardisée. Le critère de jugement principal est un critère composite d’adhésion, défini comme la proportion de patients ayant réalisé ou engagé au moins 25% des mesures de prévention pour lesquelles ils sont éligibles à 6–8 semaines. Les données sont recueillies par des entretiens téléphoniques standardisés, réalisés par des évaluateurs en aveugle de la répartition des groupes. Les objectifs secondaires sont de décrire l’adhésion selon le type de mesure de prévention, de quantifier l’intensité globale de l’adhésion et d’explorer les facteurs associés à celle-ci. L’analyse statistique est réalisée en intention de traiter, avec comparaison des proportions entre les groupes.
Conclusion Cette étude évalue l’intérêt d’une stratégie innovante de prévention personnalisée dans les structures d’urgences. Si elle démontre un bénéfice, cette approche pourrait constituer un levier simple, peu coûteux et facilement déployable pour améliorer l’adhésion aux mesures de prévention. Toutefois, certaines limites méthodologiques, notamment le recours à des données déclaratives et le caractère exploratoire de certaines analyses, imposent une interprétation prudente des résultats. Des travaux complémentaires seront nécessaires afin de confirmer ces résultats et d’en évaluer l’impact à long terme.
iNTRODUCTION Adherence to public health preventive measures remains insufficient despite established recommendations, particularly regarding screening, vaccination, and lifestyle and dietary measures. Several barriers have been identified, including lack of information and inadequate perception of individual risk. In this context, personalized information may improve patient understanding and engagement in primary care. Emergency departments, due to waiting times and the diversity of patient profiles, represent a relevant opportunity to deliver preventive messages through a self-administered digital educational tool.
Materials and Methods This study is a multicenter randomized controlled superiority trial comparing personalized information with non-personalized information. Adult patients presenting to emergency departments are voluntarily included and randomized into two groups: one group receives information tailored to individual characteristics via a digital tool, while the other receives standardized information. The primary endpoint is a composite measure of adherence, defined as the proportion of patients who have completed or initiated at least 25% of the preventive measures for which they are eligible at 6–8 weeks. Data are collected through standardized telephone interviews conducted by blinded assessors. Secondary objectives aim to describe adherence by type of preventive measure, quantify the overall intensity of adherence, and explore factors associated with adherence. The analysis is conducted on an intention-to-treat basis, with comparisons of proportions between groups.
Conclusion This study evaluates the potential of an innovative personalized prevention strategy in emergency departments. If effective, this approach could represent a simple, low-cost, and easily scalable means of improving adherence to preventive measures. However, methodological limitations, particularly the reliance on self-reported data and the exploratory nature of some analyses, require cautious interpretation of the results. Further studies will be necessary to confirm these findings and assess their longterm impact.