Introduction : la pseudopolyarthrite rhizomélique est un rhumatisme inflammatoire fréquent touchant les patients de plus de 50 ans. Son traitement repose sur une corticothérapie prolongée. Dans un contexte d’accès limité aux soins spécialisés, les médecins généralistes en assurent souvent seuls la prise en charge. La Société Française de Rhumatologie a publié en juin 2024 les premières recommandations françaises dédiées à la PPR. L’objectif de ce travail était de recenser les pratiques des médecins généralistes de la subdivision d’Angers et de les comparer à ces recommandations.
Méthodes : une étude quantitative, observationnelle, descriptive et transversale a été réalisée par questionnaire anonyme en ligne auprès des médecins généralistes de trois départements (Maine et Loire, Mayenne et Sarthe), entre mars et juillet 2025. Neuf questions donnaient lieu à une notation évaluant l’adéquation des pratiques aux recommandations de la SFR. Les analyses statistiques ont été réalisées avec le logiciel Jamovi.
Résultats : Cent-dix-huit questionnaires ont été analysés. Les recommandations de la SFR n’étaient connues que par 3,4% des praticiens. Toutefois, les médecins généralistes montraient de bonnes connaissances des critères diagnostiques, de la gestion des rechutes et des examens complémentaires requis pour le diagnostic et le suivi de la PPR. En revanche, la VS, non recommandée par la HAS, était encore prescrite par 44,9% des médecins. Une majorité des médecins initiait le traitement avant une consultation spécialisée, notamment ceux exerçant en milieu rural chez qui le recours au spécialiste était moins fréquent. La dose moyenne de corticoïdes prescrite (0,49mg/kg/j) était supérieure à celle recommandée (entre 0,2 et 0,3mg/kg/j), et la durée moyenne de corticothérapie (11,3 mois) légèrement inférieure aux recommandations (entre 12 et 18 mois). Le DAS-PPR n’était pas utilisé par les praticiens.
Conclusion : notre étude met en évidence une bonne maîtrise du diagnostic de PPR ainsi qu’une bonne gestion des rechutes. En revanche, des lacunes persistent, principalement sur la posologie initiale de la corticothérapie. Ces résultats sont en faveur d’une diffusion active des recommandations de la PPR en soins primaires, d’amélioration d’accès aux soins spécialisés, et du développement de formations ciblées et d’outils pratiques à destination des médecins généralistes.
Introduction : polymyalgia rheumatica (PMR) is a common inflammatory rheumatic disease affecting older adults. Its treatment relies on prolonged corticosteroid therapy. In a context of limited access to specialist care, PMR is frequently managed by general practicionners. In June 2024, the French Society of Rheumatology published the first French guidelines for the management of PMR. This study aimed to describe primary care management of PMR and to assess adherence to these guidelines.
Methods : a quantitative, observational, cross-sectional study was conducted using an anonymous online questionnaire distributed to general practicionners from three French departments (Maine-et-Loire, Mayenne et Sarthe) between March and July 2025. Nine items were used to generate a scoring system assessing adherence to the French Society of Rheumatology guidelines. Statistical analyses were permormed using Jamovi software.
Results : a total of 118 questionnaires were analysed. Only 3,4% of respondents were aware of the French Society of Rheumatology guidelines. Nevertheless, general practitionners demonstrated good knowledge of diagnostic criteria, relapse management, and approprite investigations for both diagnosis and follow-up of PMR. However, erythrocyte sedimentation rate, no longer recommended by the French National Authority for Health, was still used by 44,9% of physicians. Most practitionners initiated treatment before specialist evaluation, particulary in rural areas where referral to specialists was less common. The mean initial corticosteroid dose was 0,49mg/kg/day, exceeding the recommended 0,2 to 0,3mg/kg/day range. The mean treatment duration was 11,3 months, slightly below the recommended 12 to 18 months. The PMR-Activity Score was not used in routine practice.
Conclusion : this survey highlights good knowledge of PMR diagnosis and relapse management among general practitionners. However, important gaps remain, particulary regarding initial corticosteroid dosing. These findings underline the need of active dissemination of guidelines in primary care, better access to specialist care, and the development of practical tools and targeted training for general practitionners.