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Leviers et freins du point de vue des médecins généralistes du Maine et Loire à la collaboration avec des infirmiers de pratique avancée en soins primaires dans la prise en charge des patients chroniques

Résumé en français

Introduction Devant la pénurie croissante de médecins et l’extension des déserts médicaux, des solutions sont recherchées pour renforcer l’offre de soins de premier recours. En 2018, une loi crée le statut “d’infirmier de pratique avancée” (IPA). Cependant, le déploiement des IPA en soins primaires reste limité notamment dans le département du Maine et Loire. L’objectif principal de ce travail de recherche était d’étudier les freins et leviers à la collaboration entre IPA et médecins généralistes du Maine et Loire, du point de vue des médecins. L’objectif secondaire était de déterminer si le zonage de l’Agence Régionale de Santé influence ce point de vue.

Matériels et Méthodes Il s’agit d’une étude qualitative réalisée sous forme d’entretiens semi-dirigés à l’aide d’un guide d’entretien et basée sur les critères COREQ. Douze médecins généralistes libéraux exerçant en Maine et Loire ont été interrogés d’octobre 2024 à mars 2025. L’échantillonnage a été fait selon les critères de variations maximales et jusqu’à saturation des données. Une fois les entretiens retranscrits, il a été réalisé une triangulation des données puis une analyse thématique inductive.

Résultats Les médecins interrogés restent encore méfiants envers le déploiement des IPA. Cela peut s’expliquer notamment par une méconnaissance de leur rôle et de leurs compétences, et par des incertitudes juridiques, économiques et organisationnelles que ce nouveau métier amène. Toutefois, certains médecins reconnaissent leur plus-value dans une collaboration autour de l’éducation thérapeutique, la santé mentale et le suivi de maladies chroniques stabilisées.

Discussion et conclusion Cette étude met en évidence une résistance accrue des médecins généralistes du Maine-et-Loire à l’intégration des IPA dans le système de soins primaires, favorisée par un cadre juridique, sanitaire et économique encore mouvant ainsi que par un manque d’information par les autorités sanitaires. Néanmoins, cette collaboration pourrait se développer grâce à une meilleure communication sur les compétences des IPA, une clarification sur le partage de la responsabilité et sur le modèle économique. Dans ce contexte de tension de la démographie médicale, l’IPA reste un atout potentiel pour renforcer l’accès et la continuité des soins à conditions de faire évoluer les pratiques médicales.

Résumé en anglais

Introduction : in the face of a growing shortage of physicians and the continued expansion of medical deserts, solutions must be found to strengthen the provision of primary care. One emerging proposal is the creation, in 2018, of a new professional status — the Advanced Nurse Practionners (APN). However, the deployment of APNs in primary care remains limited, as is the case in the French department of Maine-et-Loire. The main objective of this research was to explore the factors that facilitate or hinder collaboration between APNs and general practitioners (GPs), from the physicians’ perspective. A secondary objective was to determine whether the geographical areas defined by the Regional Health Agencies influence these perceptions.

Methods : a qualitative study was conducted, consisting of semi-structured interviews based on an interview guide and following the COREQ criteria. Twelve self-employed general practitioners practicing in Maine-et-Loire were interviewed between October 2024 and March 2025. Sampling was based on maximum variation criteria and continued until data saturation was reached. Interview transcripts were analyzed using data triangulation, followed by an inductive thematic analysis.

Results : the physicians interviewed expressed a certain reluctance toward the APN model, mainly due to a lack of understanding of the APN’s role and competencies, as well as legal, economic, and organizational uncertainties associated with this new profession. Nevertheless, some participants recognized clear benefits, particularly in the areas of therapeutic education, mental health, and the follow-up of stable chronic diseases.

Conclusion : this study highlights the significant reluctance of general practitioners to integrate APNs into the primary care system. This resistance can be explained by the constantly evolving legal, health, and economic frameworks, as well as by insufficient communication from health authorities. However, collaboration could be strengthened through better communication regarding APN competencies, clearer definition of shared responsibilities, and the establishment of an appropriate economic model. In a context of medical workforce shortages, APNs remain a promising asset to improve access to and continuity of care, provided that medical practices evolve accordingly.

Année
2025
Année de soutenance
2026
Nombre de pages
53
Type de dépôt
Thèse d'exercice : Médecine
Langue de publication
Français
Éditeur
Université Angers
Lieu d'édition
Angers
Citation Key
dune20665
URL
https://dune.univ-angers.fr/fichiers/17000979/2025ODEMG20665/fichier/20665F.pdf
Libellé de l'étape
DES Spécialité médicale : Médecine générale 3
Bac+
5
Libellé de l'UFR
Faculté de santé
Libellé du diplôme
DES Spécialité médicale : Médecine générale
Date de diffusion du fichier :