Introduction : la surexposition précoce des enfants aux écrans sont liés à des troubles de leur développement et de leur santé. Le médecin généraliste occupe une place essentielle pour cette prévention. Plusieurs recommandations et outils se sont succédés dans ce contexte. Cette étude vise à analyser l’évolution des pratiques préventives des médecins généralistes français concernant les écrans chez les enfants de moins de 12 ans.
Méthodes : une revue de littérature narrative a été conduite selon la méthodologie PRISMA. Les bases de données PubMed, LiSSa, HAL, Cairn, Cochrane, Cismef, Google scholar, Semantic Scholar, Dune, Sudoc, Persée, Exercer, La Revue Médicale Suisse et Elsevier/sciencedirect.com ont été interrogées pour la période 2008–2024. La qualité méthodologique des études a été évaluée selon les grilles STROBE, COREQ, CONSORT et PRISMA.
Résultats : dix-neuf thèses de médecine générale ont été retenues. La prévention systématique de l’exposition aux écrans, encore marginale (3 % en 2017), a progressé jusqu’à 17,5 % en 2022. Les médecins abordaient majoritairement le sujet sur point d’appel ou à la suite d’une demande parentale (52 à 92% selon les années). La prévention des écrans chez les enfants de moins de 3 ans a augmenté à partir de 2020. La prévention était réalisée majoritairement par le conseil oral (85.7%), souvent fondé sur la règle « 3-6-9-12 ». Les supports écrits et le carnet de santé restaient peu utilisés. Le principal frein évoqué avant 2020 était le manque de temps puis a diminué pour devenir minoritaire (57,4% en 2020 contre 8,1% en 2022). Le manque de recommandation claire est un frein qui a également diminué avec le temps (58,5% en 2018 contre 27,24% en 2022).
Conclusion : les pratiques préventives des médecins généralistes vis-à-vis des écrans évoluent favorablement mais demeurent hétérogènes. Ils reconnaissent l’importance d’aborder cette thématique en consultation dès les premiers mois de vie, mais leur implication reste limitée notamment chez l’enfant de moins de 3 ans, par un manque de recommandations claires, d’outils adaptées à leurs pratiques et le sentiment de manquer de connaissance / formation.
Introduction : early overexposure of children to screens is associated with developmental and health disorders. The general practitioner plays a key role in this prevention. Several recommendations and tools have been developed in this context. This study aims to analyze the evolution of preventive practices among French general practitioners regarding screen use in children under 12 years of age.
Methods : a narrative literature review was conducted following the PRISMA methodology. The databases PubMed, LiSSa, HAL, Cairn, Cochrane, Cismef, Google Scholar, Semantic Scholar, Dune, Sudoc, Persée, Exercer, La Revue Médicale Suisse, and Elsevier/ScienceDirect.com were searched for the period 2008–2024. The methodological quality of the studies was assessed using the STROBE, COREQ, CONSORT, and PRISMA checklists.
Results : nineteen general practice theses were included. Systematic prevention of screen exposure, still marginal (3% in 2017), increased to 17.5% in 2022. The doctors mostly tackled the subject on a call point (symptoms) or following a parental request (52–92% depending on the year). Prevention targeting children under 3 years old increased from 2020 onwards. Preventive actions were mainly provided through oral advice (85.7%), often based on the “3-6-9-12 rule.” Written materials and the child’s health record were rarely used. The main barrier cited before 2020 was lack of time, which decreased over time (57.4% in 2020 vs. 8.1% in 2022). The absence of clear recommendations also became less of a barrier (58.5% in 2018 vs. 27.24% in 2022).
Conclusion : preventive practices of general practitioners regarding screen exposure are evolving positively but remain heterogeneous. They acknowledge the importance of addressing this issue during consultations from the earliest months of life, but their involvement remains limited, particularly for children under 3 years, due to the lack of clear recommendations, tools adapted to their practice, and a perceived lack of knowledge or training.