Introduction :
Acinetobacter baumannii est un germe pathogène ubiquitaire, résistant à la dessiccation, responsable d’infections associées aux soins (IAS); particulièrement en réanimation où il est la cause de 5 à 10% des IAS.
Objectif :
Il a été de décrire l'épidémie d'Acinetobacter baumannii survenue dans le service de réanimation médicale du CHU d'Angers du mois d’août 2011 au mois de septembre 2013 ainsi que d'évaluer les mesures prises pour la contrôler. L'impact de l'alerte informatique « BMR/BHR » instaurée au CHU d'Angers fin 2012 a également été évalué.
Matériel et méthodes :
Une étude descriptive des patients porteurs de la bactérie A. baumannii a été menée. Les cas étaient confirmés par le laboratoire de bactériologie. La distinction entre infection et colonisation était établie sur des critères cliniques en rapport avec la définition consensuelle des infections associées aux soins. Une description des cas contacts et porteurs a été faite avec la courbe épidémiologique ainsi qu'un tableau synoptique des cas.
Résultats :
D'août 2011 à septembre 2013, 49 cas ont été recensés: 34 colonisés et 15 infectés. Parmi les patients infectés, 6 cas de pneumopathies (dont 3 acquises sous ventilation), 3 infections urinaires, 3 infections sur cathéter et 3 bactériémies. L'âge médian des patients était de 62,7 ans. La durée moyenne de séjour était de 56 jours. Le score IGS II était de 44. Les 3 principaux motifs d'admission de ces patients en réanimation étaient une détresse respiratoire aiguë (30,6%), un sepsis sévère (28,6%) et une atteinte cardiovasculaire ou neurologique (24,5%).
Deux tiers des patients avaient reçu une antibiothérapie préalable (9/15 patients infectés et 24/34 patients colonisés), pour l'essentiel des ß-lactamines et des quinolones. Tous les prélèvements environnementaux effectués dans les chambres des patients atteints se sont révélés négatifs. Les mesures d’hygiène ont été renforcées et les unités de réanimation ont été fermées à tour de rôle avec décontamination tant des locaux que du matériel au peroxyde d’hydrogène. L'alerte informatique instaurée fin 2012 a permis une meilleure prise de conscience par les soignants du respect des règles d’hygiène et de l'information du patient.
Conclusion :
Une épidémie d'Acinetobacter baumannii au sein d'un service de réanimation médicale est un marqueur qui doit déclencher des moyens d'évaluation et de gestion immédiats. Les recommandations d'hygiène doivent être revues avec les professionnels de santé. La fermeture temporaire de lits et des mesures de désinfection doivent être discutées.
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