Prise en charge d'une épidémie à Acinétobacter baumannii en service de réanimation médicale au CHU d'Angers

TitrePrise en charge d'une épidémie à Acinétobacter baumannii en service de réanimation médicale au CHU d'Angers
TypeThèse d'exercice : Médecine
AuteursTanguy Maurice
DirecteursJoly-Guillou Marie-Laure
Année2014
URLhttp://dune.univ-angers.fr/fichiers/20096559/2014MDESA1816/fichier/1816F.pdf
Mots-clésbactéries multirésistantes, Épidémie, Infections associées aux soins, Précautions complémentaires de type contact, Précautions standard
Résumé

Introduction :
Acinetobacter baumannii est un germe pathogène ubiquitaire, résistant à la dessiccation, responsable d’infections associées aux soins (IAS); particulièrement en réanimation où il est la cause de 5 à 10% des IAS.

Objectif :
Il a été de décrire l'épidémie d'Acinetobacter baumannii survenue dans le service de réanimation médicale du CHU d'Angers du mois d’août 2011 au mois de septembre 2013 ainsi que d'évaluer les mesures prises pour la contrôler. L'impact de l'alerte informatique « BMR/BHR » instaurée au CHU d'Angers fin 2012 a également été évalué.

Matériel et méthodes :
Une étude descriptive des patients porteurs de la bactérie A. baumannii a été menée. Les cas étaient confirmés par le laboratoire de bactériologie. La distinction entre infection et colonisation était établie sur des critères cliniques en rapport avec la définition consensuelle des infections associées aux soins. Une description des cas contacts et porteurs a été faite avec la courbe épidémiologique ainsi qu'un tableau synoptique des cas.

Résultats :
D'août 2011 à septembre 2013, 49 cas ont été recensés: 34 colonisés et 15 infectés. Parmi les patients infectés, 6 cas de pneumopathies (dont 3 acquises sous ventilation), 3 infections urinaires, 3 infections sur cathéter et 3 bactériémies. L'âge médian des patients était de 62,7 ans. La durée moyenne de séjour était de 56 jours. Le score IGS II était de 44. Les 3 principaux motifs d'admission de ces patients en réanimation étaient une détresse respiratoire aiguë (30,6%), un sepsis sévère (28,6%) et une atteinte cardiovasculaire ou neurologique (24,5%).
Deux tiers des patients avaient reçu une antibiothérapie préalable (9/15 patients infectés et 24/34 patients colonisés), pour l'essentiel des ß-lactamines et des quinolones. Tous les prélèvements environnementaux effectués dans les chambres des patients atteints se sont révélés négatifs. Les mesures d’hygiène ont été renforcées et les unités de réanimation ont été fermées à tour de rôle avec décontamination tant des locaux que du matériel au peroxyde d’hydrogène. L'alerte informatique instaurée fin 2012 a permis une meilleure prise de conscience par les soignants du respect des règles d’hygiène et de l'information du patient.

Conclusion :
Une épidémie d'Acinetobacter baumannii au sein d'un service de réanimation médicale est un marqueur qui doit déclencher des moyens d'évaluation et de gestion immédiats. Les recommandations d'hygiène doivent être revues avec les professionnels de santé. La fermeture temporaire de lits et des mesures de désinfection doivent être discutées.

Résumé en anglais

Objective :
We conducted a descriptive study of 49 infected and colonized patients by Acinetobacter baumannii between August 2011 and September 2013 in a 35-bed ICU of Angers Teaching Hospital, France.

Materials and methods :
The management of the epidemic was described as well as the impact of electronic alert on epidemic control. A confirmed case was defined as a case for which ESBL was detected by the laboratory. Infection and colonization were ascertained by clinicians according to national case definitions for nosocomial infections. An epidemic curve was established. Specific measures used to control the outbreak are described.

Results :
From August 2011 to September 2013, 49 cases of Acinetobacter baumannii with ESBL were identified: 34 colonized and 15 infected. Among the 15 infected patients, there were 6 pneumonia (3 ventilator associated pneumonia cases), 3 urinary tract infections, 3 catheter infections and 3 bacteremia. The mean age of the patients was 62.7 years with extreme ages from 14 to 89 years old. The patient's average length of stay was 56 days. The mean SAPS II score was 44. The three main causes of admission of the patients in the ICU were acute respiratory distress syndrome, severe sepsis and circulatory shock. Nine out of the 15 infected patients (60%) and 24 out 34 of the colonized patients (70,6%) received antibiotics, mainly β-lactam antibiotics or fluoroquinolones, prior to their admission in the ICU. Environmental swab samples were negative for A. baumannii. Hand cleaning measures were reinforced and the 4 units of the ICU were closed alternatively for disinfection using hydrogen peroxide. The multi-drug-resistance electronic alert established in December 2012 to reinforce the implementation by healthcare workers of hygiene recommendations proved to be of great help in the management of the epidemic.

Conclusion :
An Acinetobacter baumannii outbreak in an ICU is an infection trigger which calls for immediate and radical control. Hygiene recommendations should be reviewed with the healthcare workers. Shutdown and disinfection must be strongly considered.

Langue de rédactionFrançais
Nb pages82
Diplôme

Diplôme d'État de docteur en médecine

Date de soutenance2014-04-28
EditeurUniversité Angers
Place PublishedAngers
Libellé UFR

UFR Médecine

Numéro national2014ANGE026M