Quelles sont les motivations du médecin généraliste lors de la prescription d’une NFS chez un patient sain et asymptomatique ?

TitreQuelles sont les motivations du médecin généraliste lors de la prescription d’une NFS chez un patient sain et asymptomatique ?
TypeThèse d'exercice : Médecine
AuteursCarette Valentin
DirecteursJudalet-Illand Ghislaine
Année2023
URLhttps://dune.univ-angers.fr/fichiers/17012113/2023MCEM17525/fichier/17525F.pdf
Mots-clésmédecine générale, NFS, prévention, recherche qualitative, Surprecription, Types de pratique des médecins
Résumé

Introduction : la prescription de NFS chez le patient sain et asymptomatique ne repose sur aucune recommandation. Le médecin est fréquemment confronté à cette situation face à une demande émanant du patient ou par une volonté propre de vouloir agir en prévention. Pourtant, bien qu’aucune étude n’ait démontré un impact sur la morbi-mortalité dans une population saine, on constate que cette pratique est largement répandue chez les médecins généralistes. L’objectif de ce travail est de déterminer les raisons les motivant à prescrire une NFS chez un patient dénué de symptôme et ne présentant aucun antécédent.

Matériels et méthodes : étude qualitative auprès de médecins généralistes du Maine-et-Loire, par entretiens individuels semi-dirigés. Recrutement par réseau de connaissance puis par effet boule de neige avec échantillonnage en variation maximale. Selon une approche par théorisation ancrée, un double codage manuel des données a été réalisé, avec regroupement en thèmes puis en sous-thèmes des unités minimales de sens. L’étude a été conçue pour valider un maximum des critères de qualité de la grille COREQ.

Résultats : au total onze entretiens ont été réalisés avec une saturation des données obtenues au huitième entretien. Les médecins généralistes prescrivaient la NFS selon plusieurs critères : selon des facteurs propres au patient tels que son profil physiologique, l’issu de l’interrogatoire, ses attentes ; mais également selon des éléments propres au médecin comme ses habitudes de prescription, son expérience professionnelle, ses représentations, son vécu personnel, ses craintes, ainsi qu’une volonté de renforcer le lien médecin-patient. Bien que les médecins généralistes reconnaissaient l’inutilité de la prescription de l’hémogramme chez un sujet sain et asymptomatique, on observait chez eux une ambivalence avec la persistance de prescription de cet examen.

Conclusion : les motivations de prescription de la NFS par les médecins généralistes chez un sujet sain et asymptomatique sont multifactorielles. Cependant, cela a des conséquences engendrant des effets délétères chez le patient, ainsi qu’un coût économique considérable. Le médecin se doit d’expliquer à son patient les tenants et aboutissants de la prescription d’examens préventifs, et de savoir en imposer les limites.

Résumé en anglais

Background : prescription of CBC in healthy and asymptomatic patients is not based on any recommendation. GPs are frequently confronted with this situation when faced with a request from the patient or by a personal desire to act in prevention. However, although no study has demonstrated an impact on morbidity and mortality in a healthy population, we see that this practice is widespread among general practitioners. The objective of this study is to determine the reasons motivating them to prescribe a CBC in a patient with no symptoms and no medical history.

Material and methods : qualitative study by semi-directed individual interviews conducted with GPs in Maine-et-Loire. Recruitment by networking and then snowball effect with maximal variation sampling. According to an anchored theorization approach, a manual double coding of the data was realized, by clustering in themes and then in sub-themes of the minimal units of meaning. The study is designed to meet a maximum of quality criteria of the COREQ grid.

Results : a total of eleven interviews were conducted, with sufficient data obtained in the eighth interview. GPs prescribed CBC according to several criteria : depending on patient factors such as its physiological profile, the outcome of the interrogation, his expectations ; but also according to elements specific to the GP like his prescribing habits, his professional experience, his representations, his personal experience, his concerns, and a willingness to reinforce the doctor-patient relationship. Although GPs recognized the uselessness of prescribing CBC in healthy and asymptomatic patient, we observed among them an ambivalence with the persistence of prescription of this examination.

Conclusion : the motivations for prescribing CBC by GPs in a healthy and asymptomatic patient are multifactorial. However, this has consequences causing deleterious effects on the patient, as well as a considerable economic cost. The doctor must explain to his patient the ins and outs of prescribing preventive examinations, and knowing how to impose its limits.

Langue de rédactionFrançais
Nb pages76
Diplôme

Diplôme d'État de docteur en médecine

Date de soutenance2023-12-07
EditeurUniversité Angers
Place PublishedAngers
Libellé UFR

UFR Médecine

Numéro national2023ANGE198M