La maladie de Chagas, quelles perspectives d'éradication?

TitreLa maladie de Chagas, quelles perspectives d'éradication?
TypeThèse d'exercice : Pharmacie
AuteursBrault Hugo
DirecteursPapon Nicolas
Année2022
URLhttps://dune.univ-angers.fr/fichiers/20072666/2022PPHA16094/fichier/16094F.pdf
Mots-clésbenzoxaborole, diagnostic, Nifurtimox, prévention, triatomes, Trypanonosma Cruzi
Résumé

Introduction La maladie de Chagas est une maladie potentiellement mortelle qui touche jusqu’à 7 millions de personnes dans le monde. Causée par le parasite Trypanosoma cruzi, elle est essentiellement rencontrée en Amérique du Sud, et sa découverte remonte à 1909. Comment se fait-il que 110 ans plus tard, il y ait toujours autant de personnes atteintes ? D’autant que silencieuse pendant des années elle occasionne de sérieux dégâts avec des atteintes neuronales, cardiaques, digestives ou musculaire nécessitant des soins chers et importants chez des adultes en âge de travailler et de contribuer pleinement à l’essor de la société.

Sujets et Méthodes Plusieurs solutions semblent permettre de tendre vers une éradication de la maladie :
- Limiter l’apparition de nouveaux cas en infirmant plus efficacement les populations ainsi qu’en éliminant les transmissions congénitales, ou par échange de sang et d’organe
- Eliminer le vecteur à l’origine de l’inoculation du parasite chez l’homme : des punaises appelées triatomes qu’on rencontre dans toute l’Amérique du Sud.
- Utiliser le traitement suffisamment tôt quand il est efficace en généralisant le diagnostic.
- Trouver un traitement efficace pendant toutes les phases de la maladie.

Résultats Le dépistage systématique des donneurs de sang mais aussi des donneurs et receveurs d’organes à l’échelle mondiale a permis de supprimer quasiment à 100% ce type de transmission. Le dépistage des nouveau-nés et des femmes enceintes à risque permet de réduire les risques de transmission congénitale drastiquement.
Les campagnes d’élimination des vecteurs ont permis de diminuer les zones à risques, tout en contribuant à faire émerger des résistances chez ces punaises vectrices. Eliminer totalement le vecteur est ainsi impossible, l’objectif est donc de limiter au maximum son contact avec l’homme. Le traitement efficace actuellement contre la maladie correspond à un protocole d’association d’Eflornithine et de Nifurtimox, seulement il n’est pas assez efficace sur les phase chronique quand la maladie est apparue bien avant la prise du traitement. Réaliser des campagnes de diagnostic sur les jeunes enfants en zone à risque ou sur les femmes en âge de procréer permet d’éviter aux jeunes enfants de déclencher la maladie ou de les soigner efficacement si jamais ils ont été atteints récemment. Enfin trouver un nouveau traitement est cher, d’autant que la prévention a donné tout de même de bons résultats pour diminuer le nombre de cas même si 7 millions reste élevé, le chiffre diminue d’années en années. Les études sur des molécules déjà existantes permettent d’obtenir des résultats à minima positifs sur les souris sur la phase chronique de la maladie à moindre coups. Ainsi les meilleurs espoirs sur un traitement reposent sur des tests en cours de phase clinique chez l’homme pour le benzoxaborole et le fexinidazole.

Conclusion Le travail généralisé des professionnels pour limiter l’apparition des nouveaux cas et trouver un traitement déjà existant qui serait efficace sur la maladie de Chagas peut permettre à moyen terme d’envisager une éradication totale de la maladie. En attendant résuire les inégalités dans les régions à risques est un enjeu majeur pour rendre efficace la prévention.

Résumé en anglais

Introduction Chagas disease is a life-threatening disease that affects up to 7 million people worldwide. Caused by the Trypanosoma cruzi parasite, it is mainly found in South America, and its discovery dates back to 1909. How is it that 110 years later, there are still so many people affected? Especially since silent for years, it causes serious damage with neuronal, cardiac, digestive or muscular damage requiring expensive and important care in adults of working age and contributing fully to the development of society.

Sujets et Méthodes Several solutions seem to make it possible to move towards the eradication of the disease:
- Limit the appearance of new cases by more effectively invalidating populations as well as eliminating congenital transmissions, or by exchange of blood and organs
- Eliminate the vector at the origin of the inoculation of the parasite in humans: bugs called triatomines that are found throughout South America.
- Use the treatment early enough when it is effective by generalizing the diagnosis.
- Find an effective treatment during all phases of the disease.

Résultats The systematic screening of blood donors but also of organ donors and recipients on a global scale has made it possible to eliminate this type of transmission almost 100%. Screening newborn babies and pregnant women at risk can drastically reduce the risk of congenital transmission. The vector elimination campaigns have made it possible to reduce the areas at risk, while contributing to the emergence of resistance in these bedbug vectors. Totally eliminating the vector is thus impossible, the objective is therefore to limit its contact with humans as much as possible. The currently effective treatment against the disease corresponds to a protocol of association of Eflornithine and Nifurtimox, only it is not effective enough in the chronic phase when the disease appeared well before taking the treatment. Carrying out diagnostic campaigns on young children in high-risk areas or on women of childbearing age helps to prevent young children from triggering the disease or to treat them effectively if they have recently been affected. Finally, finding a new treatment is expensive, especially since prevention has still given good results in reducing the number of cases even if 7 million remains high, the figure is decreasing from year to year. Studies on already existing molecules make it possible to obtain minimally positive results in mice on the chronic phase of the disease with fewer strokes. So the best hopes for a cure rest on ongoing clinical-stage testing in humans for benzoxaborole and fexinidazole.

Conclusion The generalized work of professionals to limit the appearance of new cases and find an already existing treatment that would be effective on Chagas disease can make it possible in the medium term to envisage total eradication of the disease. In the meantime, reducing inequalities in regions at risk is a major challenge for making prevention effective.

Langue de rédactionFrançais
Nb pages127
Diplôme

diplôme d'État de docteur en pharmacie

Date de soutenance2022-11-29
EditeurUniversité Angers
Place PublishedAngers
Libellé UFR

UFR de Sciences Pharmaceutiques et d'Ingénierie de la Santé

Numéro national2022ANGE114P