Facteurs nutritionnels essentiels à différents stades de la maladie schizophrénique : quels intérêts à leurs dosages et supplémentations ?
Titre | Facteurs nutritionnels essentiels à différents stades de la maladie schizophrénique : quels intérêts à leurs dosages et supplémentations ? |
Type | Thèse d'exercice : Médecine |
Auteurs | Marchand Helene |
Directeurs | Izaac Besa |
Année | 2022 |
URL | https://dune.univ-angers.fr/fichiers/16011181/2022MCEM15065/fichier/15065F.pdf |
Mots-clés | facteurs nutritionnels, premier épisode psychotique, schizophrénie, supplémentation, ultra haut risque de transition psychotique |
Résumé | Introduction : malgré une littérature internationale abondante sur les liens entre psychiatrie et nutrition, les données entre facteurs nutritionnels essentiels (vitamines, acides gras polyinsaturés ou AGPI, certains acides aminés et oligo-éléments), et schizophrénie sont disparates. Il est difficile de savoir quels facteurs diffèrent de la normale, à quels symptômes ils s’associent et si leur supplémentation apporte un bénéfice clinique. Méthodes : pour y répondre, une revue de la littérature, conforme au modèle neurodéveloppemental de la schizophrénie, a été menée sur 3 bases de données (PubMed, EMBASE, Cochrane Library). La revue systématique chez les sujets à Ultra Haut Risque de transition psychotique (UHR) et les Premiers Episodes Psychotiques (PEP) a identifié 52 articles (UHR=478, PEP=1642, témoins=1445). La revue narrative des méta-analyses récentes, dans les multiples épisodes du spectre de la schizophrénie (MESS), en a regroupé 13. Résultats : chez les UHR, les AGPI oméga 3 ont réduit les taux de transition psychotique dans 2 études, sans réplication ultérieure des résultats. Ils ont amélioré les symptômes et la tolérance des antipsychotiques des PEP sur 2 études ; contre un effet modeste chez les MESS. Par rapport aux sujets sains, le taux de vitamine B9 est plus bas chez les PEP et les MESS ; sa supplémentation diminue les symptômes négatifs chez ces derniers. Celui de vitamine D est négativement associé aux symptômes négatifs et dépressifs des PEP ; il est diminué chez les MESS. Dans cette même catégorie de patients : sélénium, zinc et fer sérique (notamment en cas d’akathisie) étaient réduits. La prise de zinc diminuait leurs symptômes cliniques dans un essai de faible puissance. Si l’apport de vitamine B6, sachant leur situation déficitaire vis-à-vis de contrôles sains, n’agissait pas sur les symptômes schizophréniques, sa forme activée (Pyridoxal-5-Phosphate) abaissait les scores de dyskinésie tardive. La vitamine E en diminuait les taux d’aggravation. Conclusion : à défaut d’émettre des recommandations formelles devant l’hétérogénéité des études et les difficultés d’en contrôler les biais, la promotion d’une alimentation équilibrée et diversifiée permettant des apports suffisants en micronutriments, demeure plus que jamais nécessaire avant d’entrevoir l’éventualité d’une stratégie de supplémentation. |
Résumé en anglais | Introduction : despite an extensive international literature on the links between psychiatry and nutrition, data on the relationship between micronutrients (vitamins, polyunsaturated fatty acids or PUFAs, some amino acids and trace elements) and schizophrenia are disparate. It is difficult to know which factors differ from normal, which symptoms they are associated with, and whether their supplementation brings clinical benefit. Methods : to answer these questions, a review of the literature, consistent with the neurodevelopmental model of schizophrenia, was conducted on 3 databases (PubMed, EMBASE, Cochrane Library). The systematic review for patients with Ultra High Risk for psychotic disorder criteria (UHR) and First-Psychotic Episodes (FEP) identified 52 articles (UHR=478, FEP=1642, controls=1445). The narrative review of recent meta-analyses in patients with multiple episodes of the schizophrenia spectrum disorder (MESS) grouped 13 papers. Results : in UHR patients, omega-3 PUFAs reduced rates of psychotic transition in 2 studies, with no subsequent replication of outcomes. They improved symptoms and antipsychotic tolerance of FEP patients in 2 studies ; compared with a modest effect in MESS. Compared to healthy subjects, vitamin B9 levels were lower in FEP and MESS patients ; its supplementation reduced negative symptoms in the latter. The level of vitamin D is negatively associated with negative and depressive symptoms in FEP ; it is decreased in MESS. In this same category of patients : selenium, zinc and serum iron (especially in case of akathisia) were reduced. Zinc intake decreased their clinical symptoms in a low-power trial. If vitamin B6 intake, knowing their deficient situation compared to healthy controls, did not act on schizophrenia symptoms, its activated form (pyridoxal 5 phosphate) lowered the scores of tardive dyskinesia. Vitamin E reduced their rates of aggravation. Conclusion : with no formal recommendations due to the heterogeneity of the studies and the difficulties in controlling bias, the promotion of a balanced and diversified diet allowing sufficient micronutrient intakes remains more necessary than ever before considering the possibility of a supplementation strategy. |
Langue de rédaction | Français |
Nb pages | 118 |
Diplôme | Diplôme d'État de docteur en médecine |
Date de soutenance | 2022-06-20 |
Editeur | Université Angers |
Place Published | Angers |
Libellé UFR | UFR Médecine |
Numéro national | 2022ANGE108M |