Etude et caractérisation des vésicules extracellulaires dans un contexte d’obésité

TitreEtude et caractérisation des vésicules extracellulaires dans un contexte d’obésité
TypeThèse de doctorat
AuteursAmosse Jérémy
DirecteursLe Lay Soazig, Rome Sophie, Dani Christian, Prieur Xavier
Année2019
URLhttps://dune.univ-angers.fr/fichiers/14000102/201914518/fichier/14518F.pdf
Mots-clésAdipokines, Exosomes, Microvésicules, obésité, Résistance à l’insuline, Tissu adipeux, Vésicules extracellulaires
Résumé

Les vésicules extracellulaires (VEs) sont des nanovésicules dérivées de la membrane cellulaire reconnues comme des vecteurs de communication intercellulaire participant ainsi à de nombreux processus physiopathologiques. Deux sous-types de VEs peuvent être distingués sur la base de leur origine subcellulaire et leur taille : les grosses vésicules/microvésicules (ou lEVs) et les exosomes (ou sEVs). Dans un contexte d’obésité, les VEs ont été impliquées dans le développement des complications métaboliques, notamment l’insulino-résistance. Une étude plus approfondie reste nécessaire pour identifier les acteurs moléculaires impliqués dans ces mécanismes, dans un but thérapeutique ou pour l’identification des VEs adipeuses à des fins de biomarqueurs. Mon projet de thèse a consisté à caractériser les sous-types de VE adipeuses, à évaluer leur sécrétion et leur proportion dans la circulation sanguine ou encore leurs effets métaboliques respectifs sur des cellules/tissus cibles. Dans un premier temps, nous avons évalué la contribution des VEs circulantes dans le transport des adipokines connus pour participer à la mise en place des dysfonctions métaboliques. Nous montrons qu’une majorité du facteur MIF (Macrophage migration Inhibitory Factor) circule associé aux grosses VEs dans le sang identifiant une nouvelle voie de sécrétion pour cette protéine. MIF associé aux lEVs est fonctionnel et utilise son activité tautomérase pour activer la voie ERK, révélant un mécanisme d’activation de l’inflammation différent de celui utilisé par le MIF soluble. La forme de MIF associée aux VEs pourrait ainsi participer aux effets inflammatoires induits par ce facteur. Dans un second temps, nous souhaitions quantifier la proportion de VEs dérivées du TA se retrouvant dans la circulation sanguine. La caractérisation des VEs sécrétées par les différents dépôts adipeux murins dans un contexte sain et d’obésité a révélé la forte présence d’adiponectine, très enrichie dans les sEVs, sous la forme d’oligomères métaboliquement actifs. Le contenu en adiponectine des VEs est significativement diminué avec l’obésité, à l’image de l’adiponectinémie, et nous révélons une adsorption aspécifique de l’hormone adipocytaire sur la surface des VEs. Sur la base de ces résultats, nous concluons au manque de fiabilité de l’utilisation de l’adiponectine comme marqueur phénotypique des VEs adipocytaires circulantes. Dans une dernière partie, nous avons étudié les effets des sEVs et lEVs dérivées de tissus adipeux (TA) de souris témoins ou obèses sur le métabolisme et le phénotype adipeux de souris. Nos premières expériences confirment la capacité des sEVs obèses à induire une insulinorésistance périphérique chez des souris saines, qui pourrait être liées à une moindre sensibilité à l’insuline des tissus adipeux (TA) inguinaux et musculaires. En outre, nous révélons la capacité de ces VEs à induire la beigisation du TA et à favoriser la fibrose tissulaire. Enfin, nos données révèlent des effets métaboliques différents selon le sous-type de VEs adipeuses étudié qui pourraient être liées à des capacités différentes à moduler l’inflammation tissulaire. Ainsi, les VEs dérivées du TA apparaissent comme de véritables acteurs de la communication intercellulaire participant aux dysfonctions métaboliques liées à l’obésité. Bien que les mécanismes sous-jacents à l’action de ces VEs restent encore à élucider, nos résultats apportent une meilleure caractérisation de ces vésicules et révèlent la nécessité de distinguer les sous-types de VEs qui produisent des effets métaboliques différents.

Résumé en anglais

Extracellular vesicles (EVs) are nanovesicles derived from the cell membrane that are recognized as vectors of intercellular communication and thus participate in many physiopathological processes. Two subtypes of EVs can be distinguished according to their subcellular origin and size: large vesicles/microvesicles (or lEVs) and exosomes (or sEVs). In the context of obesity, EVs have been involved in the development of metabolic complications, including insulin resistance. Nonetheless, additionnal studes are still needed to identify the molecular actors involved in these mechanisms, for future therapeutic use or for the identification of fat-derived EVs for biomarker purposes. My thesis project aims to characterize adipose EV subtypes, to evaluate their secretion and proportion in the bloodstream as well as their respective metabolic effects on target cells/tissues. First, we evaluated the contribution of circulating EVs in the transport of adipokines known to participate to the development of obesity- associated metabolic dysfunctions. We demonstrate that the majority of MIF factor (Macrophage migration Inhibitory Factor) circulates within large EVs in the blood, therefore identifying a new secretion pathway for this protein. Large EVs-associated MIF is functional and uses its tautomerase activity to activate the ERK pathway, revealing a different inflammation activation mechanism from that used by soluble MIF. EV-associated MIF could thus contribute to the inflammatory effects induced by this factor. Second, we wanted to quantify the proportion of adipose tissue (AT)-derived EVs in the bloodstream. Through characterization of EVs secreted by murine adipose depots in healthy and obese context, we revealed adiponectin enrichment in sEVS, retrieved under high oligomeric active forms. However, EV-associated adiponectin is significantly decreased with obesity, paralleling adiponectinemia. We moreover reveal non-specific adsorption of this adipocyte hormone on EV surface. Based on these results, we conclude that the use of adiponectin as a phenotypic marker for identifying and quantifying adipocyte-derived EVs in blood samples is unreliable. Finally, we studied the metabolic effects of fat-derived lEVs and sEVs isolated from control or obese mice following their injection in lean mice. Our first experiments confirm the ability of obese fat-derived sEVs to induce peripherical insulin resistance in healthy mice, which may be related to reduced insulin sensitivity in inguinal AT and skeletal muscle. In addition, we reveal the ability of these EV subtype to induce AT beiging in the recipient mice and to promote AT fibrosis. By comparing metabolic effects of the different injected EV subtypes, we highlighted distinct metabolic effects that may be related to their different abilities to modulate AT inflammation. Thus, EVs derived from AT appear to be crucial players of AT intercellular communication with other organs and likely participate to metabolic dysfunctions related to obesity. Although the mechanisms underlying the action of AT-derived EVs remain to be elucidated, our results provide a better characterization of these vesicles and reveal the need to distinguish EV subtypes since their display different metabolic effects in target tissues.

Langue de rédactionFrançais, Anglais
Diplôme

Thèse de doctorat

Date de soutenance2019-09-24
EditeurUniversité d'Angers
Place PublishedAngers
Libellé UFR

Collège doctoral

personnalisé5

École doctorale Biologie-Santé Nantes-Angers

personnalisé6

Stress Oxydant et Pathologies Métaboliques / SOPAM

personnalisé7

Physiologie, et physiopathologie