Interruption médicale de grossesse pour cause psycho-sociale : étude rétrospective des demandes en 2007 et 2018 au CHU d'Angers

TitreInterruption médicale de grossesse pour cause psycho-sociale : étude rétrospective des demandes en 2007 et 2018 au CHU d'Angers
TypeThèse d'exercice : Médecine
AuteursMalcouronne Yenofa
DirecteursRiquin Élise
Année2020
URLhttp://dune.univ-angers.fr/fichiers/14008358/2020MCEM12088/fichier/12088F.pdf
Mots-clésDéni de grossesse, grossesse adolescente, grossesse non, interruption médicale de grossesse, motif maternel, motif psycho-social
Résumé

Introduction : les demandes d’interruption médicale de grossesse (IMG) pour motif psycho-social sont rares mais soulèvent des enjeux marqués pour les professionnels de santé. Les décisions d’accord ou de refus sont prises dans le cadre légal de réunions pluridisciplinaires (RCP). La « mise en péril grave de la santé mentale » est difficile à évaluer. L’objectif principal de ce travail est de décrire une cohorte de patientes ayant fait une demande d’IMG pour ces raisons, et d’analyser leur parcours.

Méthode : un recueil rétrospectif sur dossiers a été réalisé pour les demandes d’IMG pour raisons psycho sociales effectuées entre 2007 et 2018 au centre hospitalier universitaire d’Angers.

Résultats : sur onze années, 15 demandes d’IMG pour motif psycho-social ont été reçues au CHU. L’âge des femmes s’étendait de 12 à 44 ans et les âges gestationnels de 15 semaines d’aménorrhée (SA) à 28 SA. Un déni de grossesse a été retrouvé chez 10 femmes (66,7%). Quatre grossesses (26,7%) étaient issues de relations sexuelles non consenties. Quatre patientes (26,7%) ont fait une demande d’IMG du fait de l’existence d’un trouble psychiatrique. Trois demandes (20,0 %) ont été formulées du fait du jeune âge de la patiente. Onze femmes (76.3%) présentaient un syndrome anxiodépressif. Après la RCP, 6 IMG (40,0%) ont été accordées. Les refus ont souvent été en lien avec un investissement de la grossesse ou la capacité de la femme à envisager d’autres alternatives à l’IMG.

Conclusion : les patientes en situations de grande vulnérabilité (mineures, déficientes mentales ou victimes d’abus sexuel) ont obtenu un accord à leur demande. Le trouble psychiatrique seul n’a jamais été retenu comme indication à l’IMG chez les femmes de notre étude car une prise en charge adaptée a pu permettre de soulager leurs symptômes. Les IMG pour raisons psycho sociales maternelles suscitent des tensions éthiques. Le statut du fœtus, l’évaluation psychiatrique de la détresse de la femme, la poursuite des soins sont en effet des aspects complexes de la réflexion. Il nous semble revenir aux psychiatres d'expliciter les symptômes de la patiente afin de permettre une décision collégiale ajustée et de limiter les mouvements projectifs des soignants.

Résumé en anglais

Introduction : applications for therapeutic termination of pregnancy for psycho social reasons are rare but raises many questions for health professionals. The decisions of agreement or refusal are taken within the legal framework of multidisciplinary meetings. The "serious threat to mental health" is difficult to assess. The main objective of this work is to describe a cohort of patients who have requested a therapeutic termination of pregnancy for these reasons, and to analyze their course.

Method : a retrospective collection of files was carried out between 2007 and 2018 at the Angers university hospital center.

Results : over eleven years, 15 requests for therapeutic termination of pregnancy for psychosocial reasons were received at the CHU. The ages of the women ranged from 12 to 44 years and the gestational ages from 15 weeks of gestation (SA) to 28 weeks. Denial of pregnancy was found in 10 women (66.7%). Four pregnancies (26.7%) were issued from non-consensual sex. Four patients (26.7%) requested a therapeutic termination of pregnancy due to the existence of a psychiatric disorder. Three requests (20.0%) were made due to the young age of the patient. Eleven women (76.3%) had an anxiety-depressive syndrome. SIx therapeutic termination of pregnancy (40.0%) were granted. The refusals have often been linked to an investment in pregnancy or the woman's ability to consider other alternatives.

Conclusion : patients in situations of great vulnerability (minors, mentally retarded or victims of sexual abuse) obtained an agreement at their request. Psychiatric disorder alone was never used as an indication in the women in our study because appropriate management could help relieve their symptoms. Therapeutic termination of pregnancy for maternal psychosocial reasons raise ethical tensions. The status of the fetus, the psychiatric assessment of the woman's distress, the continuation of care are indeed complex aspects of the reflection. It seems to us to be up to psychiatrists to explain the patient's symptoms in order to allow an adjusted collegial decision and to limit the projective movements of the caregivers.

Langue de rédactionFrançais
Nb pages38
Diplôme

Diplôme d'État de docteur en médecine

Date de soutenance2020-07-06
EditeurUniversité Angers
Place PublishedAngers
Libellé UFR

UFR Médecine

Numéro national2020ANGE092M