Introduction : le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme en France et la première cause de mortalité par cancer féminin. La HAS recommande une PM annuelle dès l'âge de 25 ans, indépendamment du dépistage organisé par mammographie. Malgré ces recommandations, sa réalisation en médecine générale reste insuffisante et hétérogène.
Matériels et Méthodes : il s'agit d'une étude qualitative, réalisée par le biais d'entretiens semi dirigés auprès de 10 médecins généralistes de Maine et Loire, de Mayenne et de Sarthe.
Résultats : il apparait que la PM est réalisée dans des contextes bien précis comme le renouvellement de contraception, la présence d'un symptôme ou l’absence de suivi spécialisé. Plusieurs catégories de freins ont été identifiées. Le genre du médecin constitue le frein le plus unanimement cité avec quelques fois une appréhension en lien avec le contexte sociétal actuel. Puis le déficit de formation gynécologique génère un sentiment d'incompétence et un manque de confiance dans le geste clinique. Les contraintes organisationnelles, liées au manque de temps et à l'absence d'outils de traçabilité, limitent l'intégration de la PM à la pratique quotidienne. La pudeur, tant du côté du médecin que de la patiente, constitue également un frein relationnel important. Enfin, les représentations de la PM, perçue comme peu fiable et secondaire par rapport à l'imagerie, contribuent à relativiser son importance dans le parcours de dépistage. Face à ces freins, les médecins expliquent au préalable l’examen, recueillent le consentement et sont attentifs à créer une relation de confiance avec la patiente. Plusieurs d’entre eux encouragent les patientes à réaliser des auto palpations mammaires.
Conclusion : cette étude met en évidence la multiplicité des freins à la réalisation de la PM en médecine générale, qui englobent des dimensions techniques, organisationnelles, relationnelles et sociétales. L’augmentation de sa pratique pourrait passer par le renforcement de la formation pratique initiale et continue, la création d’une cotation spécifique valorisant cet acte ainsi que le développement d’outils de traçabilité dans les logiciels médicaux.
Introduction : breast cancer is the most common cancer among women in France and the leading cause of cancer-related death among women. The HAS recommends an annual physical exam starting at age 25, regardless of organized mammography screening. Despite these recommendations, the implementation of this practice in primary care remains insufficient and inconsistent.
Materials and Methods : this is a qualitative study conducted through semi-structured interviews with 10 general practitioners in the departments of Maine-et-Loire, Mayenne, and Sarthe.
Results : it appears that PM is performed in very specific contexts, such as when renewing contraception, when a symptom is present, or when there is a lack of specialized follow-up care. Several categories of barriers were identified. The physician’s gender was the most consistently cited barrier, sometimes accompanied by apprehension related to the current societal context. Furthermore, a lack of gynecological training leads to a sense of incompetence and a lack of confidence in performing the clinical procedure. Organizational constraints, related to time constraints and the absence of tracking tools, limit the integration of PM into daily practice. Modesty, on the part of both the physician and the patient, also constitutes a significant relational barrier. Finally, perceptions of breast self-examination, viewed as unreliable and secondary to imaging, contribute to downplaying its importance in the screening process. In the face of these barriers, physicians explain the exam in advance, obtain informed consent, and take care to build a relationship of trust with the patient. Several of them encourage patients to perform breast self-examinations.
Conclusion : this study highlights the wide range of barriers to the implementation of PM in general practice, which encompass technical, organizational, relational, and societal dimensions. Increasing its use could involve strengthening initial and continuing practical training, creating a specific billing code to recognize the value of this procedure, and developing traceability tools within medical software.