Ce travail de recherche vise à examiner les différences entre hommes et femmes dans leur rapport aux nouvelles technologies véhiculaires, dispositifs d'aide à la conduite (ADAS) désormais obligatoires sur l'ensemble des véhicules neufs commercialisés dans l'Union européenne depuis juillet 2024. Il s'agit plus particulièrement de comprendre les raisons pour lesquelles les conductrices semblent faire un usage moins intensif de ces dispositifs, et la manière dont ce moindre recours peut influencer le sentiment de sécurité éprouvé au volant. Quatre-vingt-quatorze (N = 94) conducteurs et conductrices de véhicules récents (à partir de 2024) ont accepté de répondre à notre enquête par questionnaire en ligne, articulant des items mesurant l'usage des équipements technologiques, le sentiment de sécurité, l'acceptabilité (utilité perçue, facilité d'utilisation, confiance), l'auto-efficacité technologique et l'attachement au véhicule, complétés par des variables sociodémographiques. Les résultats ne mettent en évidence aucune différence statistiquement significative entre conducteurs et conductrices sur les quatre dimensions étudiées, avec des tailles d'effet demeurant négligeables à petites. Ce constat invite à reconsidérer le rôle modérateur du genre traditionnellement postulé par les modèles d'acceptation technologique (TAM, UTAUT) dans le contexte actuel d'imposition réglementaire des dispositifs et de socialisation numérique homogène des conductrices et conducteurs récents, offrant des perspectives renouvelées en psychologie sociale du trafic.
This research aims to examine gender differences in drivers' relationship with new vehicular technologies, namely the advanced driver-assistance systems (ADAS) made mandatory on all new vehicles sold in the European Union since July 2024. More specifically, it seeks to understand the reasons why women appear to make less intensive use of these devices, and how this lower engagement may influence the sense of safety they experience while driving. Ninety-four (N = 94) drivers of recent vehicles (manufactured from 2024 onwards) agreed to take part in an online questionnaire survey, including items measuring the use of technological equipment, the sense of safety, acceptability (perceived usefulness, perceived ease of use, trust), technological self efficacy, and vehicle attachment, complemented by sociodemographic variables. The results reveal no statistically significant differences between male and female drivers across the four dimensions investigated, with effect sizes remaining negligible to small. This finding calls for a reconsideration of the moderating role of gender traditionally postulated by technology acceptance models (TAM, UTAUT) in the current context of regulatory imposition of these devices and of homogeneous digital socialization among recent male and female drivers, offering renewed perspectives in traffic psychology.