Introduction : en France, près de 70 dispositifs d’inhalation (DI) sont disponibles, principalement indiqués dans l’asthme et la bronchopneumopathie chronique obstructive. Cette importante diversité, aux techniques d’administration différentes, favorise les erreurs de manipulation, compromettant le contrôle de la maladie ; 70 à 80% des patients, utilisent ces dispositifs de manière incorrecte. Toutefois, les conséquences iatrogènes liées à ces erreurs restent peu décrites.
Matériels et méthodes : une étude rétrospective descriptive a été menée à partir de la Base Nationale de Pharmacovigilance, entre 1985 et le 14 mars 2025. Les cas ont été identifiés en associant les médicaments inhalés suspectés (corticostéroïdes, bronchodilatateurs β2-adrénergiques et anticholinergiques), avec des termes préférentiels MedDRA tels que « dispositifs difficile à utiliser » et « problème d’utilisation du produit ». Une recherche supplémentaire utilisant les types de cas « erreur médicamenteuse (EM) » et « erreur médicamenteuse sans évènement indésirable (EI) » a été effectuée, suivie d’un tri manuel des cas.
Résultats : soixante-quinze cas correspondant à 92 EI ont été inclus. Des EM étaient impliquées dans 97,3%, les EI survenant dans 58,7% des cas, lors de l’administration (91,8%) et le plus souvent associés à des facteurs humains (75%) et à des techniques d’administration incorrectes (41,8%). Les classes pharmacologiques fréquemment impliquées étaient les associations de corticostéroïdes et de β2-agonistes, suivies des β2-agonistes et des corticostéroïdes inhalés seuls. Les EI rapportés étaient des troubles neurologiques (n=24, 26%), cardiaques (n=17, 18,5%) et gastro-intestinaux (n=10, 10,9%).
Discussion/Conclusion : cette étude met en évidence des EI liés à une mauvaise utilisation des DI. Le profil de sécurité semble toutefois rassurant et conséquent aux effets atropiniques ou adrénergiques, attendus dans certains cas. Des facteurs de risque, dont certains évitables, ont été identifiés : patients à hauts risque, information insuffisante donnée ; prescription de plusieurs DI pour un même patient. Ces résultats plaident en faveur du développement d’un outil pratique destiné à aider les professionnels de santé pour promouvoir une utilisation sûre.
Background : in France, nearly 70 inhalation devices (ID) are available, mainly for asthma and chronic obstructive pulmonary disease. This wide diversity, involving different administration techniques, can lead to handling errors that compromise disease control; 70–80% of patients use these devices incorrectly. However, the iatrogenic consequences of such administration errors remain poorly described.
Materials and Methods : a retrospective descriptive study was conducted using data from the French national pharmacovigilance database (BNPV) from 1985 to March 14, 2025. Cases were identified by combining suspected drugs inhaled drugs (corticosteroids bronchodilators, including β2 adrenegic agonists and anticholinergics) with the MedDRA preferred terms “device difficult to use” and “product use issue.” An additional search using the case types “medication error (ME)” and “medication error without adverse event (AE)” was performed, followed by manual case review.
Results : seventy-five cases corresponding to 92 AEs were included. MEs were involved in 97.3% of cases, with AEs occurring in 58.7% of cases, during administration (91.8%), and most commonly associated with human factors (75%) and incorrect administration techniques (41.8%). The drug classes most frequently involved were inhaled corticosteroid/β-agonist combinations, followed by β-agonists alone and inhaled corticosteroids alone. The most commonly reported AEs were neurological (n=24, 26%), cardiac (n=17, 18.5%), and gastrointestinal disorders (n=10, 10.9%).
Discussion/Conclusion : this study highlights AEs resulting from incorrect use of ID. The overall safety profile appears reassuring and consistent with expected atropinic or adrenergic effects in some cases. Several risk factors, some preventable, were identified, including high-risk patient populations, insufficient patient education, and the prescription of multiple ID for the same patient. These findings support the development of a practical tool to help healthcare professionals promote the safe use of inhalation devices.