Contexte : le dérèglement climatique et la pollution ont un impact délétère bien connu sur la santé humaine. Le secteur de la santé représente 1 à 5% de l’impact écologique planétaire, et jusqu’à 9% en France. Le soin primaire joue un rôle central dans la lutte contre le dérèglement climatique, à travers son lien étroit avec la population et la prévention. Dans ce contexte, la WONCA a appelé en 2019 les médecins généralistes (MG) à prendre des mesures et se tenir prêts aux conséquences sanitaires du changement climatique. Plusieurs travaux ont étudié les actions écoresponsables menées par les MG en France. Certains travaux montrent une réticence à adopter ces mesures, en raison notamment d’une inquiétude sur leurs réceptions par le patient. Cependant, il y a peu de littérature concernant l’opinion des patients.
Objectif principal : notre objectif est de recueillir l’opinion des patients des cabinets de MG concernant les mesures écoresponsables des cabinets en Maine-et-Loire, Mayenne et Sarthe.
Méthode : nous avons mené une étude descriptive, quantitative, avec un questionnaire proposé aux patients des cabinets des MG participants.
Résultats : nous avons collecté 553 réponses entre juillet et décembre 2025. 77% des répondants étaient des femmes, avec un âge moyen de 43,2 ans. Les participants se décrivaient comme totalement ou beaucoup investis dans l’écologie à 38,4%, avec 46,2% rapportant un engagement modéré. Concernant l’utilisation de consommables médicaux désinfectés, les patients se sont déclarés “tout à fait d’accord” ou “plutôt d’accord” avec les taux suivants : 82,7% pour le spéculum auriculaire, 57,9% pour le spéculum vaginal, 58,1% pour l’abaisse-langue, et 71,7% pour les outils de petite chirurgie. Par ailleurs, 86,6% étaient d‘accord pour être examiné sans drap d’examen, et 84,5% acceptaient l’apport d’une serviette personnelle. 97,7% soutenaient une alternative plus écologique de leur traitement, et 92,1% étaient ouverts à la dématérialisation.
Discussion : cette étude suggère que les patients sont plutôt favorables à des modifications écologiques dans le cabinet de leur MG. Cependant, un biais de recrutement et de désirabilité sociale doivent être pris en compte. Néanmoins, ces résultats pourraient encourager plus de MG à adopter des mesures écologiques, sachant que les patients (l’un des principaux freins) semblent y être majoritairement favorables.
Context : climate change and pollution are well known for their negative impact on human health. The health sector represents 1 to 5% of the global ecological footprint, and up to 9% in France. Primary care plays a central role in addressing climate change, through prevention and its close relationship with the population. In this context, in 2019, WONCA called on general practitioners (GP) to take action and be prepared for the health consequences of the climate change.
Several theses have studied the ecological actions undertaken by GP in France. Some studies show a reluctance to adopt such measures, largely due to concerns about patients’ views. However, we found limited literature addressing patients’ opinion regarding these ecological actions.
Objective : our objective was to assess the opinions of GP patients regarding ecological actions implemented in GP surgeries in Maine-et-Loire, Mayenne and Sarthe.
Method : we conducted a quantitative, descriptive study using a questionnaire proposed to patients of participating GP.
Results : we collected 553 responses between July and December 2025. Of the respondents 77% were female, and ages ranged from 18 to 94 years (mean 43.2 years ; standard deviation 16.0 years). Participants described themselves as totally (5.1%) or mainly (33.3%) engaged in ecological concerns, with 46.2% reporting moderate engagement. Regarding the use of cleaned or disinfected medical supplies, respondents “totally agreed” or “rather agreed” at the following rates : 82.7% for ear specula, 57.9% for vaginal specula, 58.1% for spatulas, and 71.7% for suturing instruments. Additionally, 86.6% of patients agreed to be examine without disposable examination sheet and 84.5% agreed to replace it by bringing a personal towel. A large majority (97.7%) supported modifying their treatment for a more ecological alternative, and 92.1% were open to dematerialized prescriptions.
Discussion : this study suggests that patients are generally supportive of ecological changes in their doctor’s practice. However, several biases must be considered (recruitment and social desirability bias): the sample is not representative of the general population nor of the typical patient population of a GP. Nevertheless, these findings may encourage more GP to adopt ecological measures, knowing that patient opinion (one of their main concern) appears largely favourable.