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État des lieux des pratiques des médecins généralistes des Hauts-de-France face aux complications de l’accident vasculaire cérébral

Résumé en français

Introduction 
 L’accident vasculaire cérébral (AVC) constitue la première cause de handicap acquis sévère de l’adulte. Après la phase aiguë, le suivi au long cours repose en grande partie sur le médecin généraliste, notamment pour le repérage des complications chroniques, l’orientation et la coordination du parcours de soins. Pourtant, les pratiques des médecins généralistes dans ce domaine restent peu décrites en France. L’objectif de cette étude était de décrire les pratiques des médecins généralistes des Hauts-de-France face aux complications chroniques post-AVC, d’identifier les freins rencontrés et de recueillir les besoins exprimés.

Sujets et Méthodes Nous avons conduit une étude observationnelle, descriptive et transversale, reposant sur un questionnaire anonyme auto-administré diffusé entre le 1er janvier et le 31 mars 2026 auprès des médecins généralistes des Hauts-de-France. Les analyses ont comporté une phase descriptive, puis une phase inférentielle exploratoire.

Résultats 
70 questionnaires ont été recueillis, dont 69 ont été analysés. Les répondants étaient principalement des médecins libéraux (55,1 %) et des remplaçants (34,8 %). Les complications les plus fréquemment rencontrées étaient la perte d’autonomie (97,1 %), les troubles de la marche (94,2 %), les troubles thymiques (94,2 %) et les troubles neuro-cognitifs (85,5 %). Les repères cliniques paraissaient bien identifiés pour la plupart des complications. La prise en charge de la spasticité et des troubles vésico-sphinctériens semblait moins maîtrisée. Les principaux freins rapportés étaient le manque de temps en consultation (81,2 %), le manque d’informations actualisées sur les ressources locales (75,4 %) et les difficultés d’accès aux ressources, notamment l’orthophonie (79,7 %), la neurologie (76,8 %) et la MPR (66,7 %). Les besoins exprimés portaient sur une consultation dédiée, un protocole de suivi type, des supports pratiques et des formations ciblées, en particulier sur la spasticité et les troubles vésico-sphinctériens.

Conclusion 
 Les médecins généralistes apparaissent comme des acteurs clés du suivi post-AVC, avec une bonne connaissance du dépistage clinique, mais se heurtent à la complexité des situations, au manque de temps et à une lisibilité insuffisante du parcours et des ressources spécialisées. Une meilleure structuration du suivi, associée à des outils adaptés et à une articulation plus claire avec les acteurs identifiés, pourrait améliorer la prise en charge en soins primaires.

Résumé en anglais

Introduction
 Stroke is the leading cause of severe acquired disability in adults. After the acute phase, long-term follow-up relies largely on general practitioners, particularly for the identification of chronic complications, referral, and coordination of care. However, the practices of general practitioners in this field remain poorly described in France. The aim of this study was to describe the practices of general practitioners in the Hauts-de-France region regarding chronic post-stroke complications, to identify the barriers they face, and to explore their perceived needs.

Subjects and Methods 
We conducted an observational, descriptive, cross-sectional study based on an anonymous self-administered questionnaire distributed to general practitioners in the Hauts-de-France region between January 1 and March 31, 2026. The analysis included a descriptive phase followed by an exploratory inferential phase.

Results
 Seventy questionnaires were collected, of which sixty-nine were included in the analysis. Respondents were mainly private practitioners (55.1%) and locum physicians (34.8%). The most frequently encountered complications were loss of autonomy (97.1%), gait disorders (94.2%), mood disorders (94.2%), and neurocognitive disorders (85.5%). Clinical warning signs appeared to be well identified for most complications. In contrast, the management of spasticity and vesicosphincter disorders appeared less well mastered. The main barriers reported were lack of time during consultations (81.2%), insufficient up-to-date information on local resources (75.4%), and difficulties in accessing services, particularly speech and language therapy (79.7%), neurology (76.8%), and physical and rehabilitation medicine (66.7%). Reported needs included a dedicated consultation, a standardized follow-up protocol, practical support materials, and targeted training, especially on spasticity and vesicosphincter disorders.

Conclusion
 General practitioners appear to be key actors in post-stroke follow-up, demonstrating good knowledge of clinical screening. However, they face complex clinical situations, time constraints, and limited visibility of the care pathway and available specialized resources. Better structured follow-up, supported by appropriate tools and clearer coordination with identified stakeholders, could improve care in primary settings.

Année
2025
Année de soutenance
2026
Nombre de pages
84
Type de dépôt
Thèse d'exercice : Médecine
Langue de publication
Français
Éditeur
Université Angers
Lieu d'édition
Angers
Citation Key
dune20769
URL
https://dune.univ-angers.fr/fichiers/22011887/2025MCEM20769/fichier/20769F.pdf
Libellé de l'étape
THESE MEDECINE GENERALE
Bac+
9
Libellé de l'UFR
Faculté de santé
Libellé du diplôme
Docteur en médecine
Fichier
Annexes