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La place du médecin traitant à la sortie de prison chez les patients sous traitement agoniste opioïde : entretiens auprès de patients incarcérés à la maison d’arrêt d’Angers

Résumé en français

Introduction : la prise en charge des troubles de l’usage aux opioïdes est un enjeu majeur au sein de la population carcérale française. La sortie de prison est identifiée comme une période à risque de reprise des consommations et de rupture de soins. Le médecin traitant (MT) reste le médecin de premier recours pour les patients sous traitement agoniste opioïde (TAO) en sortie de prison. Il semblait intéressant d’explorer les représentations et les attentes des patients détenus au sujet des MT dans un but d’améliorer la coordination des soins.

Matériels et Méthodes : étude qualitative par entretiens semi-dirigés individuels réalisés auprès de patients sous TAO, incarcérés au sein de la maison d’arrêt d’Angers. Les entretiens ont été enregistrés puis retranscrits intégralement avant d’être analysés selon les principes de la théorisation ancrée. Le protocole a reçu un avis favorable du Comité d’Éthique.

Résultats : les motivations personnelles des patients favorisaient le suivi avec le MT, qui gardait une place centrale dans la prise en charge. La plupart des patients avaient une image positive du MT qui répondait à leurs attentes, contrairement aux nombreuses contraintes des CSAPA. L’incarcération constituait une opportunité de prise en charge des addictions. La sortie de prison suscitait de l’appréhension et nécessitait une bonne coordination avec le MT. Certains patients ressentaient un manque d’implication ou de compétences du MT. Le sentiment d’être stigmatisé par certains MT compliquait le parcours. Le contexte socio-familial défavorable, les difficultés avec les troubles addictifs et une image négative du MT pouvaient entrainer un rejet des soins.

Discussion et conclusion : les représentations du MT, majoritairement positives, étaient variables selon les participants. La prise en soins pluridisciplinaire semblait nécessaire. Le développement de structures comme les EMOT pourrait aider l’encadrement pluridisciplinaire des patients en sortie de prison. Une meilleure collaboration entre les médecins et pharmaciens ainsi qu’un élargissement de leur champ de compétences pourrait favoriser la continuité des soins.

Résumé en anglais

Introduction : treatment for opioid addiction is a major challenge within the French incarcerated population. Release from prison is identified as a relapse risk period and favors care discontinuity in patients receiving opioid agonist therapy (OAT). General practitioner remains the primary care physician for patients undergoing opioid agonist treatment upon release from prison. It appeared relevant to explore the perceptions and expectations of inmates patients regarding GP with the aim of improving care coordination.

Materials and Methods : qualitative study using semi-structured individual interviews of patients undergoing OAT who were incarcerated in the Angers detention center. Interviews were recorded and fully transcribed before being analyzed according to the grounded theorization principles. Study protocol received approval from the Ethics Committee.

Results : patients motives encouraged them to continue treatment with their GP, who kept a central role in their care. Most patients had a positive image of their GP, who met their expectations, in contrast to addiction treatment centers (CSAPAs) imposing numerous contraints. Incarceration could be seen as an opportunity to engage in care. Release from prison required good coordination with the GP and led to apprehension for some patients. Some of them felt that their GP lacked involvement or skills in addiction care. The process was complicated by the feeling of being stigmatized by some GPs. An unfavorable social or family context, difficulties with addictive disorders, and a negative image of the GP could lead to total rejection of care.

Discussion and conclusion : GP perceptions were mostly positive, but could vary among participants. Multidisciplinary care seemed necessary. Development of specialized units such as Mobile Addiction Teams (EMOT) could enhance multidisciplinary support for patients upon release from detention. Better collaboration between physicians and pharmacists and an expansion of their scope of their skillset could promote care continuity.

Année
2024
Année de soutenance
2025
Nombre de pages
63
Type de dépôt
Thèse d'exercice : Médecine
Langue de publication
Français
Éditeur
Université Angers
Lieu d'édition
Angers
Citation Key
dune20648
URL
https://dune.univ-angers.fr/fichiers/21010689/2024MCEM20648/fichier/20648F.pdf
Libellé de l'étape
THESE MEDECINE GENERALE
Bac+
9
Libellé de l'UFR
Faculté de santé
Libellé du diplôme
Docteur en médecine
Date de diffusion du fichier :